La Mort dans les Nuages
Dans un avion en plein vol, le Prométhée, est perpétré un meurtre, vraisemblablement à la sarbacane d'une certaine Mademoiselle Giselle, usurière à Paris, aussi connue sous le nom de Marie Morisot.
C'est un coup très difficile pour le meurtrier car tous les passagers auraient pu le surprendre, peut-être même Poirot lui-même, le célèbre détective, assis dans cet avion, mais malheureusement assoupi au moment des faits.
Le cadre particulier qu'offre l'avion, à savoir un huis clos parfait, comme on peut le retrouver dans un bateau (Mort sur le Nil) ou sur une île (Dix Petits Nègres), restreint ainsi de façon notoire le nombre de suspects. En effet, on en compte autant qu'il y a de sièges remplis, en plus du personnel. Par conséquent, Poirot figure comme tel, mais se voit malgré tout attribuer le commandement de l'enquête, pour ses bons et loyaux services rendus à la communauté.
Arrivés sur terre à Croydon, le personnel et l'équipage se voient alors soumis aux sempiternels interrogatoires qui, pour certains nuisent à la réputation et qui, pour d'autres font décupler la clientèle, à la recherche du moindre indice concernant le meurtre d'une usurière parisienne, connue pour son penchant des plus impitoyables. Très vite, le mobile se concentre autour d'un(e) suspect(e) en difficulté financière, qui aurait demandé une faveur à une Mlle Giselle déjà sollicitée et qui, comme à son habitude, aurait refusé la moindre mesure de clémence. Mais qui ? L'avion recence des personnes somme toute, correctes qui reviennent de séjours passés au Bourget ; des archéologues, un médecin, un dentiste, une coiffeuse, une comédienne, sans compter le personnel de l'avion même ainsi que les domestiques de certains passagers.
L'auteur développe quelques pans de la vie des passagers ; c'est le cas de Lady Horbury ou bien de l'auteur de romans policiers, Daniel Clancy. Plus particulièrement, une histoire d'amour semble naître entre Norman Gale et Jane Grey, celle-ci de famille modeste et qui a toujours rêvé d'aller un jour au Bourget, un peu pour y voir ce que toutes les célébrités anglaises trouvent à ce joli coin de la France.
Quant à l'arme du crime, il s'agirait à première vue d'une sarbacane. Mais à priori, aucun objet de ce type n'a été retrouvé dans l'avion. Si une fléchette empoisonnée a été lancée, comme le font des Indiens d'Amérique du Sud, et que ce n'est pas avec une sarbacane, concluons alors que n'importe quel objet y ressemblant peut faire l'affaire ; une flute ou un fume-cigarette par exemple. Un tuyau en fait... Voilà qui est déroutant, car de tous les passagers de l'avion, aucun n'est à mettre hors de cause ; tous sont suspects et ont quelque chose à cacher ou à se reprocher.
Un roman bien ficelé, qui tient en haleine jusqu'au bout. Notons cependant quelques passages creux, où l'action faiblit.
Cette intrigue mêle le particularisme d'un huis clos à l'aide troublante apportée par les acteurs du drame eux-mêmes ; il en va ainsi pour Jane Grey ou encore Norman Gale qui prêtent volontiers leur concours pour démasquer le tueur.
Le dénouement laisse, comme toujours, coi ; on admire ici la finesse d'Agatha Christie qui va toujours plus loin dans ses intrigues. Non content de ne pas s'attendre à voir apparaître un tel personnage comme étant le tueur, on est doublement surprit par la manière dont celui-ci s'y est pris pour commettre son crime.
Cinq Petits Cochons
Une bien mystérieuse affaire s'offre au détective Hercule Poirot dans la mesure où les faits remontent à plus de seize ans. Le dossier est réouvert par une toute jeune personne, alors enfant au moment des faits, et qui souhaite faire lumière en étalant une vérité qu'elle soupçonne cachée plus d'une décennie après le drame vécu par ses parents.
Seize ans auparavant donc, un très célèbre peintre, Amyas Crale, est assassiné, alors qu'il réalise le portrait d'une jeune beauté, Elsa Greer.
Encore sous le choc, l'entourage du peintre est interrogé, mais très vite les soupçons se portent sur sa femme vraisemblablement jalouse, qui aurait ainsi empêché tout départ de son mari avec sa nouvelle conquête.
Bien qu'on l'ait tenu à l'écart du drame en l'expédiant chez des parents à l'étranger, la petite fille du couple grandit sous un nom d'emprunt pour ne pas porter le poids de son histoire. Elle reçoit de nombreuses lettres de sa maman, alors en prison. Cette dernière y finira d'ailleurs ses jours quelques années plus tard.
Devenue adulte, la jeune Carla Lemarchant, convaincue de l'innocence de sa mère, fait appel aux plus illustres des détectives de son temps, le grand Poirot. Celui-ci bien évidemment ne lui cache pas l'éventuelle possibilité de culpabilité de la défunte Caroline Crale. Opiniâtre et décidée, la jeune fille compte aller jusqu'au bout.
De fait, Poirot exhume tous les rapports de l'époque concernant l'affaire Crale, et se voit plonger dans un univers enterré, et vieux de seize ans. Il dresse alors la liste de tous les proches d'Amyas Crale au moment du drame et en arrive au nombre de cinq : les frères Blake, amis très proches du défunt ; son modèle Elsa Greer devenue Lady Ditisham après son mariage avec un Lord du même nom ; Angela Warren, la demi-soeur de Carole Crale alors adolescente au moment des faits et Cecilia Williams sa gouvernante.
Alors occupé à cette besogne, Poirot se remémore les paroles d'une comptine qui lui trotte dans la tête tout au long de l'affaire, et qui sert de trame à l'auteur dans la mesure où la Reine du Crime base ses chapitres là-dessus. On voit ainsi apparaître :
- un petit cochon allait au marché,
- le deuxième resta chez lui,
- le troisième mangeait du rôti,
- le quatrième n'avait rien du tout,
- le dernier criait aïe ! aïe !...
Hercule Poirot remonte alors le temps, avec pour seuls indices les témoignages et récits des "cinq petits cochons" ; en effet, seize ans après, plus question de preuves matérielles ni d'empreintes, dont de toute manière Poirot a horreur.
Le détective rend visite aux cinq personnes qui cotoyaient le peintre au moment du meurtre et leur demande de rédiger un récit le plus complet possible et relatant leur version des événements. A partir de ces cinq récits qui semblent relater cinq crimes totalement différents et qui pourtant parlent du même, Poirot tire de ces éléments de réflexion des pistes de recherches et fait lumière sur divers points névralgiques qui n'avaient pas été abordés lors de l'enquête seize ans auparavant. Puis il finit par éclaircir... la clef du mystère.
Riche en rebondissements, cette oeuvre nous tient en haleine jusqu'au bout. Elle a d'ailleurs été adaptée à la télévision, avec David Suchet incarnant Poirot, épisode qui retrace assez fidèlement d'ailleurs l'ambiance pré-criminelle, l'état d'esprit des personnages, leur style etc...
Le Crime de l'Orient-Express
Poirot vient de passer plusieurs jours en Syrie, où il a d'ailleurs résolu le fameux Meurtre en Mésopotamie. Alors qu'il s'apprête à séjourner quelques temps dans un hôtel de Bosphore, un télégramme urgent lui fait savoir que sa présence serait vivement souhaitée à Londres, et dans les plus brefs délais. Le célèbre détective belge monte alors à bord de l'Orient-Express. Toutefois une nuit agitée se prépare : en effet, les neiges yougoslaves ont contraint le train à stopper sa progression. En plus de cela, on découvre le lendemain matin le cadavre d'un américain lardé de douze coups de couteau. L'enquête est délivrée à Poirot, qui comprend très vite que l'assassin n'a pu venir de l'extérieur au vu des intempéries : nous voilà donc en présence d'un parfait huis clos.
La victime est un dénommé Ratchett. Il voyageait en première classe, et avait deux domestiques à son service ; un valet de chambre Henry Masterman ainsi qu'un secrétaire, Hector Macqueen.
Dans son enquête, Poirot est aidé par un ami de longue date à savoir l'un des directeurs de la Compagnie des Wagons-Lits : Monsieur Bouc, de nationalité belge. A eux se joint le Docteur Constantine ; c'est notamment lui qui étudie le cadavre de Ratchett et y découvre plusieurs anomalies : tout d'abord, comme précité, la victime a été tuée au moyen d'un couteau, ou d'un poignard, bref d'une lame tranchante. Mais voilà qui est curieux puisque le docteur relève des traces provenant d'une main de gaucher, et des traces provenant de mains de droitiers. Curieux, non ?
Mais ce n'est pas tout : le Docteur Constantine note également que certains coups sont d'une extrême violence alors que d'autres marques sont très peu profondes, révélant une incroyable faiblesse.
Ainsi donc, il y aurait deux tueurs ? Deux personnes différentes qui se seraient acharnées à tuer Ratchett ? En même temps ? Peut-être pas ? Cela implique donc que l'un des deux a frappé un Ratchett déjà mort ? Troublant.
Lors de leurs investigations dans la cabine de la victime, les enquêteurs retrouvent de curieux objets, comme un nettoie-pipe (qui pourrait très bien appartenir au Colonnel Arbuthnot, puisqu'il est le seul à fumer la pipe parmi les passagers), ou encore un mouchoir qui après quelques heures de réflexion peut très bien s'avérer la propriété de la comtesse Andrenyi. Bizarre.
Justement en ce qui concerne les passagers, en voici une petite liste :
- Hercule Poirot,
- Monsieur Bouc,
- le Docteur Constantine,
- Mary Debenham, anglaise, gouvernante d'enfants à Bagdad,
- Hector Macqueen, secrétaire de la victime,
- la princesse Dragomiroff, de nationalité russe,
- Hildegarde Schmidt, sa femme de chambre, elle-même allemande,
- le Colonnel Arbuthnot, de nationalité anglaise,
- Mrs Hubbard, citoyenne américaine
- Pierre Michel, français, employé de wagons-lits depuis plus de quinze ans,
- Henry Masterman, anglais, valet de chambre depuis 9 mois au service de Ratchett.
- Greta Olhsson, suédoise, directrice d'hôpital dans une mission à Istanbul,
- le comte et la comtesse Andrenyi, hongrois,
- Antonio Foscarelli, italien naturalisé américain, représentant en automobiles,
- Mr Hardman, américain travaillant pour la police New-Yorkaise. Il était censé veiller discrètement sur Ratchett qui pensait sa vie menacée par un petit homme brun à la voix douce et au regarde perçant.
A ce sujet, après avoir assisté sa maîtresse avant d'aller se coucher, Hildegarde Schmidt dit avoir été bousculée par un des conducteurs, qui ne ressemblait pourtant à aucun de ceux qui travaillent dajns le wagon. Lorsqu'elle en fait la description, il s'agit justement d'un petit homme brun au regard perçant et à la voix haut perchée.
Poirot émet alors une hypothèse : ainsi Ratchett se savait en danger et avait demandé une aide spéciale en provenance de New-York ? Le petit homme brun s'était ainsi fait passer pour un conducteur, avait commis son crime et pouvait fort bien être retourné dans un autre wagon... Plausible ?!
D'autre part, plusieurs passagers disent avoir vu quelqu'un - vraisemblablement une femme - portant un kimono, aux abords du meurtre. Pourtant, aucune femme du wagon n'a un tel habit dans ses bagages ; le vêtement n'est retrouvé nulle part.
Et puis, il y a tout de même ce dénominateur commun significatif, à savoir que tous les passagers ont un alibi : tous étaient curieusement en grande discution avec quelqu'un ou quelqu'une entre minuit et deux heures du matin, bizarrement au moment même de la mort. Mais aucun n'a vu ni entendu quoi que ce soit ? Comme si, finalement, tous essayaient de se disculper au travers des autres.
Poirot n'est pourtant pas dupe et, dès le début de l'enquête, va vite trouver la véritable identité de la victime ; il s'agit en effet de Casseti, le voleur d'enfants qui avait particulièrement fait parler de lui lors de l'affaire Armstrong.
Et puis, curieusement, tous va s'imbriquer parfaitement, comme un puzzle sans faille, et tout va paraître limpide pour Poirot, qui va vite élucider le mystère.
Pour ceux qui l'ont déjà lu, et qui souhaiteraient lire une analyse plus poussée : http://batcoco-bou.wifeo.com/documents/Annexe-OrientExpress.doc
Le Meurtre de Roger Ackroyd
Voilà environ un an que Mr Ferrars est mort, vraisemblablement d'une gastrite, du moins c'est ce qu'a constaté le médecin lors de son rapport.
Peu après la mort de cet homme, voilà que sa veuve se lie davantage d'amitié avec le riche gentleman qu'est Roger Ackroyd.
Seulement voilà : Mrs Ferrars meurt à son tour, d'une trop forte dose de véronal. Un suicide ? C'est ce que conclut le médecin du village, le docteur Sheppard.
Voilà qui devient bien curieux lorsqu'à son tour, Roger Ackroyd y laisse la peau ; on l'a bel et bien assassiné !
Mais pourquoi ? Evidemment, Mr Ackroyd et Mrs Ferrars s'entendaient fort bien depuis la mort du mari, mais de là à prétendre qu'ils auraient monté ensemble un meurtre... non ça n'a pas de sens !
Et puis, mine de rien, tous dans l'entourage d'Ackroyd avaient au moins une raison de le voir disparaître.
En effet, Roger Ackroyd était de ces hommes despotiques, qui organisent la vie de tout et tout le monde, sans jamais sciller.
C'est ainsi qu'il avait organisé le mariage de sa nièce, Flora, avec Ralph Paton. La mort du vieil Ackroyd mettra un terme à de tels désirs, devenus de toute manière inopportuns du fait d'éléments externes.
D'autre part, le vieux grippe-sou, pourtant riche, ne laisse que de maigres billets à sa nièce pour que celle-ci puisse vivre. Cela expliquerait-il la somme d'argent dérobée le jour du meurtre ?
D'un point de vue stylistique, la narration est tenue par le docteur Sheppard, le médecin du village, lui-même qui a étudié le corps sans vie d'Ashley Ferrars ainsi que celui de sa veuve un an après.
Ledit docteur est tenu fréquemment au courant des derniers potins du village, dans la mesure où la soeur de celui-ci, Caroline - qui ne va pas sans rappeler une certaine Miss Marple - est une véritable commère. C'est notamment elle qui lui apprend l'arrivée d'un nouveau venu dans le village, étrange personnage qui cultive des courges.
Le docteur Sheppard, plutôt sociable, va tenter une approche de cette nouvelle tête ; il s'agit en fait d'un ancien détective, maintenant à la retraite, venu couler des jours heureux dans une bourgade éloignée. Vous l'aurez reconnu, il s'agit bien sûr d'une petit homme tout rond, au visage ovoïde, avec une longue moustache noire cirée qu'il entretient très fréquemment : l'illustre Hercule Poirot.
C'est d'ailleurs lui qui va être appelé à Fernly Park après la découverte du corps de Roger Ackroyd. Ce dernier avait donné un dîner, où s'étaient cotoyés notamment le médecin, Flora, sa mère, le major Blunt... Puis Sheppard converse quelques instants avec Ackroyd dans son bureau avant de rentrer chez lui, par cette froide nuit d'hiver. Il sera prévenu quelque temps plus tard par un coup de téléphone anonyme de la mort d'Ackroyd.
De là naît d'ailleurs un quiproquo.
Sheppard aide Poirot dans son enquête. De curieux indices sont d'ailleurs relevés dans la pièce où est retrouvé le corps. En effet, des objets ont disparu, tels qu'une lettre, un magnétophone... Des meubles semblent avoir été déplacés.
C'est au cours de ses investigations, en interrogeant les habitants et les domestiques de Fernly Park que Poirot découvre la présence d'un pavillon d'été non loin de la bâtisse principe. Et ce fameux pavillon semble avoir été le lieu d'un rendez-vous la nuit du crime. Le détective y retrouve d'ailleurs un lambeau de tissu.
Plus tard, le célèbre détective exhumera d'une mare une alliance marquée d'initiales des plus ambigues. Ainsi il y aurait eu un mariage resté secret ? Mais entre qui ?
Et puis, l'apparition d'un fils caché ne rend pas l'histoire des plus simples. Cela a-t-il trait au meurtre ou bien est-ce une série de choses alentour ?
Car concernant le meurtre lui-même, il est étonnant que le principal suspect, à savoir Ralph Paton, ait disparu. Lui qui était aux abois financièrement parlant aurait certainement pu faire une nouvelle tentative auprès d'un Ackroyd rigide et déterminé...
Pour ceux qui l'ont lu et qui veulent des informations supplémentaires :
http://batcoco-bou.wifeo.com/documents/Roger-Ackroyd-annexe.doc
Dix Petits Nègres
Ecrit en 1939, ce livre est un roman policier, basé sur une série de crimes, commis à chaque fois avec une arme différente.
L’action se déroule aux environs des années 1940 et durant l’été, s’étalant sur une semaine, à partir du 8 août, jour d’arrivée des invités.
L’action a lieu principalement sur l’île du nègre, excepté avant l’arrivée des dix personnages au début de l’histoire, où ceux-ci se trouvent chacun à leur domicile.
L’île du nègre est située en Angleterre, dans le Devon. Elle est communément appelée ainsi du fait de sa forme qui évoque une tête de noir aux lèvres caractéristiques. Toutefois, cette île n’est pas des plus plaisantes. En effet, des falaises descendent à pic dans la mer, et la végétation y est quasi-inexistante.
Par contre, une bâtisse blanche de style moderne, qui semble appartenir à un certain Mr Owen, milliardaire à l’origine des invitations mais que les hôtes ne rencontreront jamais, trône au centre de l’île.
Ainsi dix personnes n’ayant aucun point commun entre elles sont invitées par ledit Mr Owen susnommé à passer des vacances sur l’île du nègre. Néanmoins, à leur arrivée, le propriétaire n’est pas là ; seuls sont présents un couple de domestiques, Mr et Mrs Rogers.
Malgré l’absence de leur hôte, les invités prennent un apéritif et commencent à bavarder entre eux. Tout se passe bien, lorsqu’une voix provenant d’un magnétophone s’élève, accusant tour à tour les invités d’avoir commis un crime. Le silence se fait, tout le monde est ébahi.
Plus tard, un des invités, un certain Antony Marston, s’étouffe en buvant du whisky. Il en meurt.
Ainsi, la frayeur s’empare des autres personnes, d’autant plus que l’on retrouve le corps sans vie du général Macarthur, le crâne fracturé.
L’angoisse s'accroît au fur et à mesure que les minutes passent. Il ne reste plus que sept personnes sur l’île, qui comprennent à leur tour qu’elles ont de grandes chances d’y rester !
Lorsque, deux jours plus tard, est retrouvé le corps inanimé du domestique Rogers, les invités restant font le lien avec une comptine dont les paroles sont inscrites dans chacune des chambres. De plus, quelqu’un s’aperçoit que des dix statuettes disposées dans la salle à manger, il n’en reste plus que six. Elles disparaissent au fur et à mesure que sont perpétrés les crimes !
Dans la même journée, deux personnes meurt ; l’une au petit déjeuner, victime d’une piqûre ; l’autre dans la soirée, d’une balle de revolver.
Des recherches sont alors organisées par les quatre survivants pour savoir si quelqu’un d’autre habiterait l’île. En vain. Aucune cachette n’est possible, et l’île est trop hostile pour y survivre, même quelques jours. Le meurtrier fait donc partie des survivants ! Et les crimes s’enchaînent ! Le dernier de tous est-il réellement le meurtrier comme on pourrait s'y attendre ?
Pour ceux qui l'ont lu et qui voudraient une analyse avancée :
batcoco-bou.wifeo.com/documents/Dix-Petits-Ngres.doc
Pourquoi pas Evans ?
C’est en cherchant une balle de golf égarée que le fils du pasteur découvre, au pied des rochers, isolé sur la corniche, un individu tombé de la falaise. Mourant, l’homme parvient quand même à glisser une petite phrase : « Pourquoi pas Evans » ?
Abasourdi, le fils du pasteur court chercher un médecin, mais il est trop tard : l’homme est passé de vie à trépas. Dès le lendemain, l’enquête menée conclut à un accident.
Relativement bien acceptée par l’opinion, cette hypothèse est toutefois contestée par le fils du pasteur ainsi que par sa compagne, la jeune Frankie, d’autant que quelques jours plus tard, on se rend compte que plusieurs grains de morphine – huit au total – ont été glissés dans la bière du témoin. Celui-ci serait-il sur la piste de la vérité ? Pourquoi tente-t-on ainsi de l’écarter ?
De fait, nos deux apprentis détectives vont devoir jouer les héros, prouver que la mort de la victime bien difficile à identifier n’est pas un accident mais un meurtre. Et quant à savoir qui est son auteur… cela est une autre paire de manches, mais nos deux fins limiers réussiront sans aucun doute à lever les voiles sur cette mystérieuse intrigue.
Pourquoi pas Evans n’est pas le roman le plus connu d’Agatha Christie, mais il se classe indéniablement parmi ses meilleurs. Si l'intrigue est très bonne, il ne faut pas pour autant perdre le fil de l'histoire autrement la compréhension n’est pas des plus aisées.
A.B.C. contre Poirot
Le titre montre à lui seul que Poirot enquête ! Et c’est en effet ce qu’il fait. Avec toutefois une réserve : il ne s’occupe que des affaires croustillantes. Et justement, ce matin-là, il a reçu une lettre qui l’intrigue. Un mystérieux corbeau le défie, en le prévenant de se tenir sur ses gardes, car un meurtre sera commis à une date précise en un lieu précis. Hercule Poirot a un mauvais pressentiment. Et ce ressenti se confirme par la suite. Une femme du nom d’Alice Asher est retrouvée morte dans sa boutique, laissant une nièce sans famille. Cette vieille femme menait une existence misérable, menacée par un mari d’abord suspecté puis vite mis hors de cause par les forces de police.
Curieux indice, on retrouve près du corps sans vie d’Alice Asher un indicateur de chemin de fer ABC. Et coïncidence : le nom de la ville dans laquelle la vieille dame réside commence justement par un A. Etrange ?!
Poirot semble tourner en rond, lorsqu’une seconde lettre lui parvient, et quelques jours après, un nouveau meurtre. Il s’agit d’une jeune fille volage, serveuse dans un café, qui sortait avec n’importe qui. « Jolie et écervelée », elle était fiancée avec un certain Donald Fraser, éternel jaloux qui lui faisait des crises notoires, ne supportant pas qu’elle sorte avec d’autres. La piste du fiancé jaloux est vite écartée, puisqu’on a retrouvé près du corps d’Elisabeth Barnard, le même indicateur de chemin de fer.
Poirot semble alors avoir une révélation ; il s’agirait d’un tueur en série, bien qu’à l’époque le terme ne soit pas encore très usité. Le détective comprend alors que le meurtrier tue par ordre alphabétique ; le nom des villes commencent respectivement par A et B, tout comme le nom des victimes.
C’est le seul point commun que Poirot parvient à déchiffrer, Alice Asher et Elisabeth Barnard n’ayant aucun point commun, elles ne se connaissaient même pas.
Toutefois, si ces deux meurtres semblent être assez obscurs, le troisième illumine un peu plus le chemin brumeux qu'empruntent les policiers. Il s’agit d’un riche médecin retraité, Carmichael Clarke dont l’épouse est clouée au lit, atteinte d’un cancer incurable.
Qui a intérêt à ce que ces trois personnes disparaissent ? D’autant que lors d’une manifestation ponctuelle qui rassemble chaque année un maximum de monde, un autre corps sans vie est retrouvé, au cinéma. Un homme dont le nom commence par un D.
Très étrange, n’est-ce pas ? Surtout que ce jour-là, Poirot et le comité d’enquêteurs amateurs qu’il a réuni était censé veiller sur toute cette foule. Objectif manqué.
Mais très vite, Hercule Poirot va faire lumière sur un point resté secret ; un mystérieux individu, qui a fait du porte-à-porte chez toutes les victimes le jour de leur mort. Un marchand ambulant, vendant des bas en l’occurrence. Et cette personne sera vite retrouvée ; un simple d’esprit, Alexandre Bonaparte Cust, apparemment promis à la potence s’il l’on en croit les enquêteurs de l’inspecteur Japp, celui-ci déduisant bien hâtivement que Cust était présent sur tous les lieux des crimes. Certes… mais cette apparence n’est-elle pas justement un leurre ?
Le Couteau sur la Nuque
Ecrit en 1933 lors des plus fructueuses années d’Agatha Christie, Le Couteau sur la Nuque met en scène des personnages récurrents, à savoir Hercule Poirot, épaulé de son ami le capitaine Hastings, ainsi que de l’inspecteur Japp de Scotland Yard.
L’intrigue commence avec la sortie un soir de Poirot et Hastings au cabaret, où ils assistent à une représentation donné par une imitatrice, Carlotta Adams, jeune artiste au grand talent et promise à une carrière certaine. Dans la même soirée, les deux enquêteurs, en dehors de tout cadre de recherche, font la rencontre d’une actrice en vogue, Jane Wilkinson qui missionne le détective de convaincre son mari, Lord Edgware, de consentir au divorce. L’actrice insiste sur le fait que l’affaire est urgente.
Poirot, bien décidé à mener à bien son entreprise, rencontre le fameux Lord Edgware qui, très conciliant, accepte le divorce imposé par sa femme. D’ailleurs, il a déjà envoyé une lettre à celle-ci pour lui faire part de sa nouvelle décision.
Le travail de Poirot semble toucher à sa fin, sauf que peu après, Japp apprend au détective que l’éminent Lord a été assassiné. Et les soupçons pèsent très vite sur sa femme. En effet, la domestique prétend, sans erreur possible, avoir vu ladite femme dans la maison au moment du crime, et en sortir peu de temps après.
Sauf que, détail piquant : Jane Wilkinson participait à ce moment-là à une soirée mondaine.
Poirot commence son enquête, découvrant que Lady Edgware n’était pas la seule à avoir un mobile. Et puis, un autre meurtre a lieu, celui de la jeune imitatrice, en route pour le succès, un succès qui manifestement l’a tué…
Cartes sur Table
Mort sur le Nil
Le Crime d'Halloween
Publié en 1969 et connu jusqu’en 1999 sous le nom « La Fête du Potiron », ce roman policier met en scène le très célèbre Hercule Poirot et la romancière Ariadne Oliver, auto-caricature d’Agatha Christie, que l’on rencontre pour la première fois dans Cartes sur Table.
La scène se déroule au moment d’Halloween, alors que sorcières et potirons en cartons commencent à peupler les rues, pendus aux fenêtres ou accrochés à une porte. Mrs Drake a d’ailleurs, comme dans beaucoup de maisons, organisé une soirée réunissant bon nombre d’enfants. Les activités prévues sont multiples ; ici, il faut attraper une pomme au fond d’une bassine d’eau avec les dents, mais sans les mains… tandis que d’autres « attractions » sont éparpillées dans tout le reste de la maison, du salon à la bibliothèque.
Les préparatifs rassemblent la maîtresse de maison, la romancière Ariadne Oliver, ainsi que des enfants venus aider à la préparation de la soirée. Le débat autour de la romancière à succès est lancé, et on parle très vite de meurtre. C’est ainsi qu’une fillette d’une dizaine d’années, à la langue bien pendue, affirme avoir été témoin d’un meurtre. Tout le monde lui rit au nez : Joyce ne sait plus quoi faire pour se rendre intéressante.
La fête est un vrai succès, les enfants ont adoré, les activités se sont vraiment bien déroulées, sauf que peu après le départ des invités, on découvre le cadavre de Joyce dans la bibliothèque, la tête au fond d’une bassine d’eau, noyée.
Profondément choquée, Mrs Oliver fait appel à son ami, le détective Hercule Poirot.
Les premières trouvailles de ce dernier lui montrent que Joyce, la fillette assassinée, était une indécrottable menteuse. Avait-elle réellement vu un meurtre se commettre sous ses yeux, ou bien n’était-ce que le fruit de son imagination ? Quelque soit la réponse à cette question, il est évident que quelqu’un dans l’assemblée s’est senti menacé, allant jusqu’à éliminer ce témoin potentiel.
Et si un meurtre antérieur à celui de Joyce avait réellement été commis, le meurtrier alors impuni aurait donc tout intérêt à faire en sorte que ce secret perdure… Mais qui a quelque chose à cacher ?
Une Poignée de Seigle
Mme Leidner, épouse de l’éminent scientifique du même nom, meurt dans des conditions étranges, assommée dans sa chambre alors qu’elle faisait une sieste. Frappée au front par un objet contondant, que l’on ne retrouvera que plus tard.
Si l’intrigue passionne d’emblée le célèbre détective Hercule Poirot, c’est bien parce que l’assassin ne peut venir de l’extérieur ; en effet, dans cette hypothèse-là, il aurait forcément été vu par quelqu’un, la cour n’étant jamais déserte. Le tueur est donc l’un des membres de l’expédition.
Poirot devra non seulement s’habituer à l’étouffante chaleur, mais également à la langue qui lui est étrangère.
Curieuse découverte : Mrs Leidner avait reçu ces derniers temps des lettres de menace dont l’écriture ressemble trait pour trait à la sienne, ce qui ne manque pas d’interpeller notre ami Poirot. Mrs Leidner aurait-elle écrit ces lettres elle-même afin d’attirer l’attention ? Car c’est bien cela qu’elle fait chaque jour ; attirer l’attention sur elle, se montrer, et devenir la convoitise des hommes. D’ailleurs, il semblerait qu’elle était, avant sa disparition, en phase de devenir la maîtresse d’un des chercheurs. Y aurait-il un rapport ?
D’autant que Mrs Leidner ne semblait pas attirer la sympathie de tout le monde, et des femmes particulièrement.
Parallèlement, de mystérieux événements surviennent, comme la disparition de l'ecclésiastique, ou bien la mort d’un des membres de l’expédition.
C’est en fouillant dans le passé, proche et lointain, que Poirot parviendra, pas à pas, à élucider tous les petits troubles qui surviennent à Tell Yarimjah depuis quelques mois déjà.
Un polar croustillant, plein de suspens et de rebondissements, qui tient le lecteur en haleine du début à la fin.
Meurtre Au Champagne
Polar d’abord publié aux Etats-Unis, Meurtre au Champagne met en scène le célèbre Colonel Race.
Le jour de son anniversaire qui se déroule dans un restaurant huppé, Rosemary décède. Des analyses révèlent la présence de cyanure dans son verre. Néanmoins, la police conclut à un suicide. De son côté, son mari, Georges, n’est pas satisfait de cette conclusion ; sans tenter de mener une enquête, il essaie de rassembler des éléments… sans toutefois penser qu’il pourrait s’exposer à un quelconque danger.
En réalité, Rosemary est une femme dénuée de tout sens moral, sans scrupule et stupide. A cette époque, ce genre de comportement était fortement perçu comme immoral, et Agatha Christie n’hésite pas à enfoncer davantage la défunte Rosemary.
Bien que mariée, Rosemary avait différentes relations extraconjugales, dont Stephen Farraday ou encore Anthony Browne. Chacun de ses amants avaient une raison de lui en vouloir, même au point de la tuer. Il en va de même pour son mari, excédé des infidélités de sa femme.
De plus, cette dernière s’était fait de nombreuses rivales on le devine sans mal.
Parmi les différents suspects potentiels, un seul est réellement coupable, mais lequel ?