De son vrai nom Frédérique Audoin-Rouzeau, Fred Vargas est un auteur contemporain français. Née le 7 juin 1957 à Paris, elle s'intéresse très vite à l'archéozoologie ainsi qu'à l'histoire. Elle a d'ailleurs écrit plusieurs ouvrages scientifiques. Parmi eux, citons Hommes et Animaux en Europe : corpus de données archéozoologiques et historiques.

Son style est marginal, son écriture particulière. Elle a crée le personnage du commissaire parisien Jean-Baptiste Adamsberg, flegmatique s'il en est, qu'elle a agrémenté d'un adjoint, Danglard, tout son opposé.
Ses différents romans narrent les aventures d'Adamsberg, souvent en proie à des doutes s'agissant de sa relation tumultueuse avec Camille, musicienne plombier.
Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma, notamment Pars Vite et Reviens Tard, Adamsberg interprété par un José Garcia plutôt brillant. 


Ci-dessous les titres des ouvrages dont nous traiterons :
- Un Lieu Incertain (2008)
- Dans les Bois Eternels (2006)
- Sous les Vents de Neptune (2003)
- L'Homme à l'Envers (1999)
- L'Homme aux Cercles Bleus (1991)

 


Un lieu incertain
Nouvelle aventure pour la Brigade dirigée par le commissaire Adamsberg, qui commence en Angleterre, tout près du tristement célèbre cimetière de Highgate, celui-même d'où émana des suspicions quant à l'existence de vampires.
Présentement, c'est un riche lord excentrique qui rapporte l'existence d'une dizaine de paires de chaussures, alignées devant le cimetière avec, chose curieuse, "les pieds dedans" !
Concrètement, on a coupé les pieds de cadavres que l'on a disposé ensuite ici.

L'affaire est reléguée à un plan plus secondaire, lorsqu'est découverte ce qu'on appellera la tuerie de Garches. Un homme, Pierre Vaudel, a été abattu chez lui. Mais surtout son corps est dispersé en quelques quatre cents morceaux !

Un suspect est rapidement apréhendé, qui prend la fuite, et que l'on tente d'abattre.
Rapidement, Adamsberg suspecte les autorités "d'en-haut" de vouloir l'écarter de l'affaire. Alors il faudra jouer des coudes, tenter de se faire oublier, enquêter sur ce meurtre si étrange, sans oublier ces dizaines de pieds coupés à Highgate...

Cet opus sera aussi pour Adamsberg et Danglard l'occasion de rencontres assez particulières, inquiétante pour le premier, heureuse pour le second.


Sans être une fan de Fred Vargas, j'ai l'impression que ses derniers volumes sont moins réalistes. Que ce soit le personnage de Zerk, l'oncle de Danglard, avouez que ça fait beaucoup de drôles de coïncidences. On a l'impression que toute la misère du monde leur tombe dessus ; que, où qu'ils aillent, ils connaissanet forcément quelqu'un dans l'affaire. Sans parler de l'irruption inopinée de Veyrenc... Tout ça semble vraiment très tiré par les cheveux.

 


Dans les bois éternels


Une Ombre.

Voilà ce qui tiendra en haleine le commissaire Adamsberg tout au long de cette nouvelle intrigue.
Une ombre, qui l’emmènera de Paris à la Haute Normandie, avant de faire un détour par les vallées enfantines des Pyrénées. Lui et Veyrenc. Sa nouvelle recrue. Qui lui cause bien des tracas.

L’histoire pourrait être banale ; une ombre rôde dans les cimetières. Profane des tombes. En fait, elle ne fait qu’ouvrir les cercueils. Mais on ne sait pas pourquoi. Ce qu’il reste des cadavres est intact. Rien n’a bougé. Les défuntes ne sont pas parées de bijoux ou quoi que ce soit d’autre qui ait de la valeur. Et pourtant, c’est toujours à la tête que le cercueil est esquinté.

Des ragots de villageois aussi : ça et là dans des petites bourgades normandes, des cerfs sont retrouvés éventrés. Rien de bien croustillant jusque là. Mais voilà de quoi alimenter les conversations de bistrot.
Et c’est encore cette ombre que l’on aperçoit pas loin. Qui rôde dans les cimetières. Qui ira jusqu’à abattre un policier en faction… Là, l’affaire se complique.

Alors voilà, Dans les Bois Eternels, c’est un peu tout ça. L’accès fantasque de Fred Vargas pour un pseudo univers parallèle et inexpliqué, où semble plongé tout seul Jean-Baptiste Adamsberg, sous l’œil désemparé du commandant Danglard, mais sous la bienveillance salutaire de Retancourt. Jusqu’à ce qu’elle comprenne quelque chose qui jusque là leur avait échappé. Retancourt…


Cet opus peut vraiment passer pour loufoque, et surtout pas très réaliste. Si on ôte le caractère volontairement « fantastique » de l’ombre et du mystère qui plane autour, reste quand même que le commissaire confie une investigation… au chat de la Brigade ! C’est léger dirons-nous.
L’intrigue n’est pas plus croustillante que ça, dans le sens où on ne sait pas où elle nous mène. Les personnages sont relativement peu nombreux, puisque l’auteur préfère se centrer sur la psychologie et les habitudes de personnes précises. Pourquoi pas ?!
En outre, la présence du nouveau venu dans la brigade apporte certes du sang neuf pour celle-ci, mais on est par trop happé dans son giron, si bien qu’il n’y a pas d’effet de surprise au final.
Bref… une petite déception je dois dire (mais ce n’est qu’à titre purement personnel
).




Sous les Vents de Neptune

C'est un sentiment étrange que ressent Adamsberg alors installé à son bureau, un journal à la main. Tant étrange qu'un malaise s'empare véritablement de lui. Sans pouvoir en identifier la cause.
Ce n'est que plus tard, en passant devant une affiche publicitaire que le commissaire toujours hanté par les fantômes du passé, comprend, prenant ainsi mesure de son malaise : la mort, le trident, Raphaël. De vieux souvenirs, réveillés par le meurtre tout récent d'une jeune fille, poignardée à trois endroits, de façon caractéristique. Cela ne peut que replonger le commissaire dans les affres du passé, quelque trente années auparavant, alors qu'il n'était qu'un jeune policier, et qu'il combattait déjà un adversaire de taille. Un adversaire qui revient aujourd'hui. En effet c'est plus de trente ans avant que le frère du commissaire Adamsberg, Raphaël, a été mêlé à une sordide histoire de meurtre. Aucune vérité ni aucune revanche n'ont jamais pu éclater.

Adamsberg pense pouvoir abandonner quelques temps ses fantômes dont il est seul à comprendre la mesure et la portée, seul contre des Danglard, Favre et autre Retancourt qui sont facheusement hostiles à la reprise de son enquête.
L'équipe s'envole pour le Québec, afin d'étudier avec une équipe locale des progrès en termes d'empreintes génétiques.
Seulement voilà... Adamsberg sera victime d'une... légère ?... absence. Si légère qu'elle pourrait passer inaperçue. Oui mais voilà... Adamsberg aime à rester maître de sa vie, de ses comportements. Et puis ce serait sans compter cette jeune fille.

Poursuivant un fantôme, Adamsberg parviendra-t-il à faire revenir le mystérieux tueur disparu voilà quatorze ans ? Ce combat aura-t-il une issue heureuse ? Sera-t-il le produit d'une longue lutte à travers le temps ? A vous de le découvrir au travers des palpitantes pages des vents de Neptune.

 


 

L'Homme à l'Envers

 

Des brebis égorgées dans les Alpes. A deux reprises.

Localement les bergers pensent à des loups, des loups affamés. On ne s'affole d'abord pas.
Et puis... l'histoire prend une autre coloration lorsque le massacre se perpétue, dans d'autres villages, sur d'autres brebis. Les gens s'affolent. Les médias d'abord timides, s'en mêlent et l'affaire jusque là retenue aux territoires concernés, devient nationale.

A Paris, le commissaire Adamsberg voit tout cela d'un oeil torve, quoique plutôt intéressé. Il garde cette information bien précieusement. Ca pourrait lui être utile pour se refaire une santé. En effet suite à un règlement de comptes, il a abattu un homme, lequel avait une femme, désormais bien décidée à traquer ce flic qui lui a ôté son mari et éloigné de son enfant. De tout ça, Adamsberg n'a que faire. Mais tout de même, il n'aimerait pas se voir loger une balle dans le ventre par une toquée. 

Et puis il y a cette histoire de loups. Qui vient de s'aggraver d'un pouce. On vient de retrouver le cadavre froid d'une payse, une authentique femme de ferme, égorgé par ce qui s'apparente à un loup. Mais alors un grand loup. Une très grande bête. Ce ne sont que quelques mots, quatre en fait - un très grand loup - mais ils ont semé la panique partout dans le Mercantour. On organise des battues, on parque les troupeaux, on somme aux populations locales de ne plus sortir la nuit. La psychose. 

D'autres bêtes sont retrouvé égorgées. La psychose continue, et monte encore d'un cran quand la populace lance la rumeur d'un éventuel loup-garou. Un loup-garou, c'est un homme à l'envers parce qu'en temps qu'homme, il n'a pas de poil sur le corps. Tous ses poils sont en dedans, et ils sortent la nuit quand il se transforme en garou. Paroles de paysans !

Camille n'y croit pas bien à cette histoire de loup-garou, mais tout de même ; elle est très affectée par la mort de Suzanne Rosselin et aimerait bien faire la peau du type qui lui a fait ça. Certes Suzanne était quelqu'un de rustre, mais pas d'idiot. Elle ne serait pas sortie en pleine nuit pour défier un loup, pas plus qu'elle ne l'aurait rentrer dans la bergerie, pour y être elle-même acculée quelques instants après, puis massacrée. Mais tout de même, de là à dire qu'il s'agit d'un garou.

Lawrence n'y croit pas non plus à cette histoire. Laconique, le Canadien préfère la véracité des faits tels qu'il les constate ce jour ; un des loups de la meute qu'il a l'habitude d'observer a disparu. Cela fait de nombreux mois qu'on ne l'a plus revu. Et il se pourrait bien qu'il soit la bête. Pour autant, les loups n'attaquent pas les hommes, ce n'est pas dans leur nature. Immanquablement, il faut que le loup soit guidé par quelque chose, quelqu'un...

Cette thèse-là est déjà plus plausible. Malgré tout elle ne satisfait pas la milice locale, qui envoie promener le Canadien. Ce dernier a pourtant une vague idée de qui pourrait être derrière tout ça. Encore faut-il le prouver...


Une course poursuite haletante dans les montagnes du Mercantour entre un illustre inconnu, une bétaillère puant le suint, et un commissaire parisien bien décidé à esquiver la balle de la tueuse lancée à ses trousses. Un peu creux par endroits, redondant parfois, mais une très bonne intrigue, bien ficelée et une scène finale servie sur un plateau qui ne peut que ravir un lecteur impatient.
Peu de rebondissement il faut dire.

Le style Vargas est à la marge de ce qui se fait aujourd'hui. Elle a le pouvoir de nous plonger dans les affres de l'écriture, avec des phrases lancinantes, bien à elle, comme une maladie ronronnante qui nous fait tourner la tête. 




L'Homme aux Cercles Bleus

Il vient d'arriver, le nouveau commissaire. Et il semble déjà être une curiosité locale. Il dénote tellement d'avec son prédécesseur. Son flegme est une curiosité sans fond. Il semble même le déverser sur toute la brigade, certains en sont imprégnés qu'ils laissent leur nervosité à la porte.
Toujours est-il qu'on attend de lui qu'il fasse ses preuves. Et ce n'est pas gagné ! Tandis qu'on travaille d'arrache-pied sur des affaires graves et sensibles, lui ne semble pas y prendre part, s'attachant à des futilités, des faits divers dans la presse.
En effet, depuis quelques temps, les journaux se font écho à travers un fait qui amuse, surprend, interroge voire étonne. Depuis quelques mois, on dessine à la craie dans les rues de Paris un cercle à la craie, bleu, qui entoure un objet, souvent insolite. Autour du cercle, la phrase : "Victor mauvais sort, que fais-tu dehors ?"
Tout le monde semble prendre cette lubie comme originale, loufoque... tout le monde sauf Adamsberg que ces agissements inquiètent singulièrement. Dans la brigade, Danglard, alcoolique notoire, père de cinq enfants qu'il élève seul, regarde tout cela d'un oeil torve et critique. Car Adamsberg, le nouveau venu, qui doit faire ses preuves, ne semble s'intéresser à rien d'autre qu'à cela.
Or il se trouve qu'il avait raison de voir en ces agissements de sinistres prédictions ; un matin, à la place d'un objet, c'est une femme que l'on retrouve égorgée dans le cerle... La donne a changé ; les journaux titrent alors à propos du maniaque aux cercles bleus. De son côté, toujours maître de son calme, Adamsberg ne donne pas dans la psychose ; il se renseigne, lentement toujours, furette, à son rythme... Il recueille dans un premier temps l'avis d'un psychiatre à propos de l'affaire, et continue ses pérégrinations...

On découvre dès à présent son histoire avec Camille, son obsession pour son amour perdu, son flegme de toujours, son flair aussi.



 



 
 
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