Ecrivain américain né à Newark (New Jersey) le 4 janvier 1962, Harlan COBEN a d'abord travaillé dans le domaine des voyages avant de se consacrer à l'écriture, pour laquelle il a reçu de nombreux prix.

Spécialiste du thriller et du genre policier, Harlan COBEN a un genre bien à lui pour dérouler le fil d'une histoire, souvent très simple à la base, mais qu'il agrémente de rebondissements multiples, et surtout d'ellipses et de flashback pour davantage de suspense.

Créateur du personnage Myron Bolitar, il l'a agrémenté d'une stature de géant, à son image - Harlan COBEN avoisinant le mètre quatre-vingt-dix.
Une petite dizaine d'ouvrages est consacrée à cet agent sportif ancien du FBI, un peu maladroit avec les femmes. Il est souvent question de sport, lui-même ayant joué au basket et cotoyé le catch pendant des années. Au-delà c'est tout le monde de la mafia inhérente à ce milieu que Myron Bolitar doit affronter lors de ses tribulations.

Outre les opus concernant ce personnage récurrent, d'autres intrigues font apparaître des protagnistes tels Lauren Muse, que l'on retrouve ça et là dans d'autres aventures. Ces histoires-là racontent la vie, ou du moins le moment crucial de la vie d'une famille, d'une personne, très rocambolesque. 
L'une d'entre elles a été adaptée au cinéma par Guillaume Canet : il s'agit de "Ne le dis à personne" (Tell No One de son titre original). Il faut bien admettre que cette adaptation est un réel succès. 

Ci-après, les résumés de :
- Ne le dis à personne
- Promets-moi
- Innocent
- Juste un regard

Harlan COBEN aux Quais du Polar à Lyon, le 1er avril 2013 :

Interview d'une heure par Pascale FREY sur notamment le dernier roman sorti "Ne t'éloigne pas", sa façon de travailler, l'émergence d'idées, la construction de personnages...
Un romancier bien agréable !


Harlan COBEN, Quais du Polar, Lyon, avril 2013


 



Ne le dis à Personne

Ecrit en 2001, Ne le dis à Personne (Tell No One) est un thriller poignant qui, une fois attaqué, ne se lâche plus tant qu’on en a pas le fin mot. Adapté au cinéma en 2006 par Guillaume Canet, il met en scène François Cluzet, André Dussolier, Marie-Josée Croze.
 

David et Elisabeth s’aiment depuis très longtemps, leur amour remonte à l’enfance. Dans l’endroit qui alimente la magie de leur idylle se trouve un arbre sur lequel les deux amoureux ont gravé autant de traits que d’années passées depuis leur premier baiser. Un jour, alors qu’ils fêtent un de ces anniversaires, Elisabeth est sauvagement abattue, assassinée par un tueur en série. Le lendemain, c’est le père d’Elisabeth, alors policier, qui reconnaît le corps de sa fille. Une enquête est ouverte.

Huit ans plus tard, le docteur David Beck, alors pédiatre dans une clinique ayant une structure disposée à accueillir les plus pauvres, reçoit un e-mail étonnant. En effet, comme objet figurent des éléments codés que seule Elisabeth pouvait connaître. Le mail comporte un lien qui oriente le médecin vers une vidéo, qui montre une femme, certainement Elisabeth, mais très changée. Toutefois, Beck est persuadée que c’est elle, sa femme. Il décide alors de comprendre le pourquoi de cette invraisemblance, tentant vainement de retrouver son épouse. Néanmoins, sa marge de manœuvre est très limitée car chaque mail lui parvenant indique : « Ne le dis à personne, on nous surveille ».

Heureusement, aidé d’une amie avocate très tenace recommandée par un membre de sa famille, le docteur Beck devient rapidement la cible de tueurs à la solde d’un milliardaire qui agit dans l’ombre, ainsi que de la police. De ce fait, Beck sera contraint de contourner la loi, afin de percer à jour un secret qu’Elisabeth avait découvert huit ans plus tôt mais qu’elle n’avait malheureusement pas eu le temps d’ébruiter.
 



Promets-Moi

Myron Bolitar, agent sportif, ex-agent du FBI a promis à Aimee, la fille d'une amie, d'être toujours là pour elle en cas de besoin. Vous voyez le truc ? Aimee est une adolescente, et comme tous ses comparses, elle participe à des soirées arrosées. Seulement, comme tout le monde encore une fois, il faut bien rentrer à un moment ou à un autre. Et c'est là que les choses se compliquent. Il est tellement simple de se faire ramener par n'importe quel détenteur du permis de conduire, pourquoi pas Randy d'ailleurs, peu importe que celui-ci soit sous l'emprise d'acides ou de n'importe quelle autre saloperie. Et ça Myron ne peut pas l'entendre. C'est pourquoi ce soir-là, dans le sous-sol de sa maison, il laisse à Aimee et à son amie Erin ses différents numéros, avec l'instruction de l'appeler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit en cas de besoin.

C'est précisément ce qu'Aimee fera, quelques jours plus tard. Et ce sera aussi la dernière fois que Myron la verra, car Aimee Biel disparaîtra dans la nature peu après. Comme si ce n'était pas un poids suffisant sur sa conscience, les parents de la jeune fille imposent à Myron de la retrouver. Aidé de son inséparable acolyte Win, Myron s'engage sur un terrain des plus incertains, non sans se heurter au caractère bornés des flics locaux ainsi qu'aux très charismatiques Dominick Rochester et Jake Wolf.

Enlèvement ? Fugue ? D'autant que peu de temps avant, une autre jeune fille avait disparu. S'agit-il d'un réseau ? Pourquoi ces deux disparitions retiennent tant l'attention des enquêteurs ? Qu'ont-elles en commun ? Un distributeur de billets est-il une coïncidence suffisante ? L'état des deux jeunes filles participe-t-il d'une explication rationnelle ?
 

Paru en 2007, Promets-moi est un opus qui met en scène l'icône récurrente de Coben, Myron Bolitar, que l'on apprécie tant pour sa galanterie que pour ses capacités physiques ! Toutefois, l'intrigue n'est pas des plus palpitantes, on dira que Coben ne s'est pas surpassé pour impressionner ses lecteurs. On lui reconnaît toutefois la profondeur de ses personnages ; ils sont palpables et réels, avec de surcroît du caractère, différents des caricatures ou des clichés de vieux roman.
 



Innocent

 Matt Hunter a un passé lourd, très lourd. Etudiant banal, aimés de ses parents, Matt est rendu responsable de la mort d'un de ses pairs, lors d'une soirée dans laquelle une bagarre éclate. Pour cela, Matt passe quatre ans de sa vie derrière les barreaux.

On est déjà dans la peau de Matt Hunter. Ce qui se trame ce soir-là ne peut être qu'un accident, non un meurtre.
Si par la suite, l'histoire se déroule à la troisième personne, Coben a déjà obtenu le résultat escompté ; on suit Matt à la trace, car on est à sa place !

C'est précisément là que (re)commencent les ennuis pour lui, alors converti en assistant juridique pointilleux travaillant dans un luxueux cabinet d'avocats, le même cabinet que son frère ainé avait foulé avant cette fichue rupture d'anévrisme. Ce jour-là, Matt reçoit sur son portable une vidéo de sa femme Olivia alors partie en voyage d'affaires à Boston, la montrant dans une chambre d'hôtel avec un inconnu. Qui est cet homme aux cheveux couleur noir de jais qui lui sourit sournoisement ? Qui est encore en train d'enfoncer un énième poignard dans la poitrine de Matt ?

Et tout s'accélère ; un inconnu le suit, un meurtre commis dans un hôtel le désigne tout droit comme suspect. Pourtant, l'enquêtrice Loren Muse qui officie pour le procureur, n'y croit pas. Elle a connu Matt dans le temps comme on dit, et ne peut se résoudre à voir en lui un meurtrier de sang bien que tous les indices le désignent clairement.

Quel est finalement le lien entre des meurtres commis des années auparavant près d'une boîte de strip-tease de Reno, le nom d'une femme morte et enterrée qui ressurgit des années après, la mystérieuse disparition d'Olivia, les liens étranges qui unissent Matt à la mère du jeune homme qu'il a "tué" bien des années avant... ?

Toutes ces relations entremêlées ont-elles un sens ? Pourquoi veut-on coute que coute éloigner Loren Muse de l'affaire ? Et pourquoi voit-on en Matt Hunter un coupable tout désigné ? La réponse n'est qu'à la dernière page...
 

Très bien ficelée, comme toutes les intrigues de Coben, celle-ci afflue en personnages. Si certains trouvent difficile de suivre entre tous les lieux, toutes les identités qui se chevauchent, il s'agit simplement d'être habitué au style Coben, et de ne pas abandonner le livre pendant trop longtemps avant de s'y remettre !
 


Juste un regard

La vie de Grace Lawson est tout ce qu’il y a de plus banal ; un mari aimant, deux enfants – une fille, un garçon qui vont à l’école élémentaire – une petite maison située en banlieue… Bref, rien de tout cela ne semble annoncer un quelconque changement.

Et pourtant… c’est en décachetant un paquet de photos lui appartenant que Grace Lawson découvre une très étrange photo datant d’au moins quinze ans. Il y a cinq protagonistes : l’un d’eux s’avère être Jack, son mari.

Finalement, rien l’a dedans n’est alarmant ; tout comme elle, Jack a eu une vie avant leur rencontre. Mais alors ? Que fait cette photo au beau milieu de photos récentes ? Pourquoi Jack part-il si vite, comme s’il fuyait, à la vue de cette photo que Grace lui met sous le nez le soir même ? Et pourquoi ne revient-il pas ?

Avec l’aide son amie Cora, Grace commence une enquête à sa façon, mais ses nombreuses investigations – dont la plupart feront chou blanc d’ailleurs – convergent vers une seule et même solution : tous les protagonistes de la photo ont disparu. C’est vrai, Jack a fui et on n’a plus eu de nouvelles de lui jusqu’à un bref et alarmant message ; la jeune fille blonde dont le visage est barré d’une croix semble ne plus être de ce monde ; quant à l’autre, elle a mystérieusement disparu, et on n’a plus de traces d’elle. Et il en va de même pour les deux autres larrons de la bande, inconnus de tous les services – qu’ils soient sociaux, policiers etc…

C’est vraiment trop étrange, comme si la simple vision de cette photo avait provoqué un véritable cataclysme chez les Lawson !

Et puis il y a un fait : Grace boitille, depuis quinze ans. Cela remonte à presque quinze ans jour pour jour, et bientôt la date anniversaire arrive. Carl Vespa ne manque d’ailleurs pas l’occasion. En effet, quinze ans auparavant, Grace Lawson a été l’étrange miraculée d’un massacre qui eut lieu lors d’un concert. Après avoir entendu des coups de feu, la marée humaine s’est ruée vers la sortie, piétinant tout sur son passage, même des enfants. Au total, une vingtaine de morts et des dizaines de blessés. Grièvement touchée, Grace s’en tire avec une jambe infirme à vie, et devient en quelque sorte le célèbre symbole de cette dégénérescence.

Y a-t-il un lien, si ténu soit-il ? Pourquoi Carl Vespa, père d’un petit Ryan, décédé lors de cette cohue meurtrière, tient-il réellement à faire renouer Grace avec le monde de la musique et celui des concerts ? Celle-ci l’ignore. Elle plonge trop rapidement dans l’abîme d’une immense imposture pour se rendre compte de quoi que ce soit.


Dans ce volume, Coben nous montre encore plus à quel point son esprit est alambiqué : nombre de détails sont évoqués, creusés, puis balayés avant de revenir à la surface cent pages après pour faire lumière sur une zone d’ombre. L’intrigue est bonne, toutefois manquant parfois un peu d’entrain. Le lecteur ne semble pas être surpris outre mesure, bien que tous les personnages évoqués aient un lien plus ou moins affirmés les uns avec les autres. On retrouve d’ailleurs dans cet ouvrage le fameux Eric Wu, déjà rencontré dans « Ne le dis à personne ».




 
 
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