Le Tueur Est Parmis Nous - Laurence ORIOL
L'ambiance déjà hypocrite d'une banlieue parisienne voit son atmosphère déchirée lorsque plusieurs meurtres sont perpétrés dans un bois. Des jeunes femmes, toutes enceintes.
Il ne fait ainsi pas bon rester traîner dehors le soir. Pourtant l'énigme ne se concentre pas autour de la recherche même du meurtrier ni autour des investigations des policiers et scientifiques. En effet, on ne s'attarde pas sur le fait que plusieurs meurtres comportent une "signature" que d'autres ne portent pas. Y aurait-il ainsi deux criminels ?
Ainsi, l'énigme est plutôt tournée vers un groupe de voisins, qui se tolèrent sans s'apprécier réellement. Riches médecins, notables de banlieues, tous prennent de l'âge et se battent contre les kilos superflus, et pour cela, vont courir dans le bois. Le tueur sanguinaire serait-il l'un deux ?
Le roman est essentiellement tourné vers ce que pensent les uns des autres, et vice-versa ; de nombreuses anecdotes se dénudent au fil de l'histoire, certaines qui auraient pu faire naître du suspens, mais qui n'ont pas été creusées plus que ça (je laisse le suspens entier pour ceux qui ne l'ont pas encore lu).
Ecrit dans une ambiance à la "Mary Higgins Clark", cet ouvrage se lit vite, d'autant qu'il est relativement bien écrit, avec des phrases courtes et un style plus qu'accessible.
La Meurtrière - P.D. JAMES
Philippa vient d'avoir dix-huit ans. Elle vit chez ses parents adoptifs, Maurice et Hilda Palfrey, dans une belle maison sise dans un quartier résidentiel de Londres.
Déjà très mature, très portée sur la littérature - elle veut devenir écrivain - Philippa est une jeune fille en avance sur son temps, aux idées claires et arrêtées. Très motivée, elle revêt un caractère tétu et orgueilleux. Ainsi, elle n'hésite pas à profiter d'une loi récemment votée par le Parlement anglais, et qui permet de retrouver, dans la mesure du possible, les parents biologiques d'un enfant adopté et qui aurait atteint la majorité.
C'est ainsi que débute l'intrigue ; Philippa subit le discours pompeux et bien trop répété à tel point qu'il en est avarié, d'une assistante sociale. Cette dernière tente de convaincre sa "patiente" de peser le pour et le contre des conséquences à tirer d'une telle entrprise.
Mais rien ne parvient à ébranler Philippa.
Les actes d'état civil révèlent qu'elle est la fille de Martin et Mary Ducton, couple original s'il en est : lui est violeur ; elle, est une criminelle.
Secouée par ces brutales découvertes, la jeune fille s'intéresse malgré tout aux détails de l'affaire Scase, qui s'est déroulée dix ans auparavant.
Depuis, Martin Ducton est décédé. Sa femme est en prison ; elle y a purgé sa peine et s'apprête à sortir.
Et Philippa n'hésite pas une seconde. Sortie d'un cycle d'étude, elle dispose de deux mois avant d'intégrer Cambridge.
Après avoir pris contact avec sa mère, elle se met en quête d'un appartement pour elles deux.
Et avant la sortie de la meurtrière, la mère et la fille se rencontrent pour la première fois depuis tant d'années.
Le couple Scase n'a jamais été très heureux. Mavis semble se montrer trop autoritaire, et Norman est bien trop faible pour lui faire face, à elle comme à la vie.
Leur petite fille, Julie, fait partie d'un groupe, les Eclaireuses. Un soir, alors qu'elle quitte une de ces séances ,elle passe comme à son habitude par un lôtissement plutôt que de traverser le terrain vague qui, à vol d'oiseau, est pourtant le chemin le plus court.
Malgré ses précautions, Julie Scase croise malheureusement la route de Martin Ducton... et de sa femme. Violée puis tuée, Julie devient post-mortem l'emblême de vies brisées, d'un destin fatal, mais surtout le symbole d'une vengeance qui s'échaffaudra pendant des années. Martin Ducton mort, c'est vers sa femme que s'orientera ce désir de mort, qui ne deviendra avec le temps plus que la seule liaison entre les membres du couple Scase.
Plus tard, Mavis s'éteint d'une maladie, laissant un Norman encore plus désemparé car seul et affaibli.
Pourtant, dans le respect de la mémoire de sa fille et dans le but de garder sa parole et de tenir l'engagement fixé avec sa femme, Scase cherche coûte que coûte à achever la besogne. Pour cela, il démissionne de son emploi bien qu'il ne soit pas suffisamment gradé pour s'assurer une pré-retraite confortable. Ses collègues de travail s'interrogent sur le pourquoi d'un tel départ ; on parle d'un héritage.
Et la traque débute alors dans les rues de Londres. Scase se déplace de lieux en lieux avec son sempiternel sac et son contenu macabre, avant de louer une chambre placé stratégiquement au sein de l'hôtel Casablanca.
C'est ainsi que la mère et la fille Ducton vont être suivies par un homme petit, trapu, somme toute commun, tentant de se noyer dans la foule. Mais peut-être n'a-t-il pas encore commencé qu'il est déjà repéré ?
Une analyse des thèmes principaux de l'ouvrage :
http://batcoco-bou.wifeo.com/documents/La-Meurtrire-Annexe.doc
L'assassin habite au 21 - S.A. STEEMAN
Roman policier publié en 1939, ce roman met en scène un mystérieux criminel qui terrorise la ville de Londres en commettant des meurtres en série. Curieuse manie, il signe ses crimes, en laissant près de sa victime une carte bristol au nom de « Mr Smith ». Le mode opératoire est toujours le même, et aucun lien ne rapproche les victimes entre elles, à part qu’elles sont toutes « assaillies » dans le brouillard. La police piétine ; pas de témoins, pas d’indices, à part peut-être ce nom de Smith, extrêmement couru en Grande Bretagne, mais qui ne rend pas la chose facile.
Toutefois, si l’enquête reste à zéro, un témoin surprend le fameux Mr Smith lors d’un de ses meurtres et décide de le suivre. Traversant quelques rues, il parvient à identifier très clairement que le meurtrier entre au numéro 21 de Russel Square.
Communiquant très vite ces informations à la police, le témoin, un certain Toby Marsh, précise que le meurtrier possédait une clé et que le 21 Russel Square n’est autre qu’une pension de famille !
Si l’affaire semble vite réglée en apparence, il ne sera pas si simple aux policiers de déterminer qui, de la dizaine d’habitants de la pension, est Mr Smith. Nombreuses sont les allées et venues, nombreuses sont les fouilles, les recherches, mais rien de bien probant ne tombe au final !
Les personnages sont tous aussi différents les uns que les autres ; pourtant, les arrestations se multiplient. Notamment en raison d’une information donnée par un indic envoyé sur le terrain, mais pourtant vite démasqué par le meurtrier ; en effet, l’indic comptera parmi les victimes de Mr Smith, s’ajoutant à son étonnant palmarès : sept victimes en deux mois et demi !
Au fil des différents interrogatoires et arrestations, la police marche vraisemblablement sur des œufs.
Ecrit dans un style classique et facile d’accès, l’auteur met entre les mains du lecteur toutes les cartes et tous les indices possibles pour que celui-ci retrouve la piste et l’identité du meurtrier. Steeman va même jusqu’à s’adresser directement au lecteur, avant de lui servir la vérité dans un dénouement des plus surprenants.
L'Analphabête - Ruth RENDELL
Eunice Parchman tua la famille Coverdale parce qu'elle ne savait ni lire ni écrire...
C'est dans ces termes que commence cette histoire des plus troublantes. En effet, si l'intrigue sort de l'ordinaire, c'est bien parce que dès la première ligne, on en connaît le meurtrier. Et toute la finesse de l'écriture et du style réside ici ; malgré cette mise à nue d'emblée de l'identité du meurtrier, Ruth Rendell nous raconte comment, pas à pas, la famille Coverdale a scellé son destin face à une gouvernante rustique dotée de lourds instincts primaires.
Bien qu'écrit dans un style léger et spontané, l'angoisse se voir naître petit à petit, progressivement et très lentement avant de faire partie intégrante de l'histoire et surtout de son dénouement. Ainsi très vite, le lecteur comprend malgré lui que le sort des Coverdale est sans appel, et se résigne à admettre la triste réalité qu'est la folie d'Eunice Parchman, mais également la malchance de cette riche et harmonieuse famille.
La légèreté et la simplicité des mots permettent ainsi à l'auteur de dédramatiser tous faits relatés ; ainsi en va-t-il lorsqu'il est question de pensées malveillantes ou de meurtre, racontés avec un détachement tel que le lecteur ressent cela comme naturel.
Si ce roman est un thriller, il est aussi une brillante analyse du creusement de plus en plus prononcé du fossé entre les différentes classes sociales. Non seulement, il met l'accent sur la difficile communication entre ces différentes classes, mais également leur intolérance les unes à l'égard des autres.
D'autre part, ce livre dénonce un handicap majeur à l'heure actuelle, et rarement abordé ; celui de l'illétrisme. En effet, qui aujourd'hui peut évoluer dans notre société sans savoir lire, écrire, compter ?
Et surtout, pourquoi est-ce une honte de le révéler ? C'est ce que tente de faire comprendre Melinda à Eunice, certainement la plus tolérante de la famille Coverdale, face à une gouvernante couverte de honte, qui plus est, humiliée.
Concernant le déroulement de l'intrigue, elle commence d'une manière on ne peut plus banale.
La famille Coverdale s'avère être une famille recomposée, saine, heureuse, aisée financièrement, et dont la maîtresse de maison cherche activement une gouvernante. Excédée par les jeunes filles au pair incompétentes qui se succèdent, elle a besoin de quelqu'un d'entièrement disponible, qu'elle logerait ainsi sous son toit.
Après plusieurs essais, elle trouve son bonheur en la personne d'Eunice Parchman. Celle-ci abat de nombreuses tâches, sans rechigner ni poser de questions, en somme l'idéal que recherchait Jacqueline. Très peu loquace, taciturne, ni expressive ni émotive, elle revêt un tempérament secret et mystérieux. Rustre, son vocabulaire est restreint, parfois maladroit.
Néanmoins, si Eunice semble être une gouvernante modèle, une perle aux yeux de Jacqueline, elle a parfois des réflexes inexpliqués ; en effet, pas question pour elle de ranger la bibliothèque ou de classer des dossiers. Souvent mal à l'aise pour répondre au téléphone, elle connaît de véritables états de panique lorsque Jacqueline lui laisse un mot avec des indications dessus. Mais ça bien sûr, ses patrons l'ignorent... et elle n'a nullement l'intention de leur expliquer son malaise.
Si Eunice Parchman est une personne lourde et maladroite, elle est également un personnage au passé chargé.
Evidemment son plus lourd secret ; elle est analphabête.
Mais son "casier" ne s'arrête pas là : Eunice a également menti à ses patrons pour se faire intégrer. En effet, elle a indiqué de fausses compétences, mentionné de faux emplois et pour couronner le tout, indiqué un faux numéro au cas où ses employeurs tenteraient de vérifier la véracité de ces informations.
Car si Eunice Parchman n'a pas eu accès à l'érudition, c'était bien parce qu'elle n'en a jamais eu l'opportunité. D'une famille pauvre, elle s'est occupée pendant de nombreuses années de son père malade, l'obligeant ainsi à démarrer très tôt des petits boulots usants et mal payés, la forçant à tirer un trait sur d'éventuelles études qu'elle n'avait sans doute jamais imaginées. Malgré son illétrisme, Eunice a su développer une ruse et un sens pratique hors du commun qui lui ont permis sa vie durant de masquer cette tare aux yeux des autres.
Le schisme se crée lorsqu'elle débarque au domicile des Coverdale, creuset de la famille unie où règnent l'amour, la paix, la tendresse, l'argent et surtout... la Culture !
Bien que ses nouveaux patrons soient accueillants et chaleureux, Eunice instaure d'emblée une distance entre eux, rejetant leur gentillesse et leurs attentions.
En soi, cette situation ne permet pas de comprendre comment Eunice Parchman a pu en venir à tuer la famille Coverdale. Rien pour l'instant ne peut expliquer un tel comportement.
En fait, le destin de ces employeurs va s'orienter vers une fin tragique lorsque Eunice, se rendant au village, fait la connaissance de la postière, Joan Smith, une véritable illuminée. Excentrique, hystérique, fanatique même, elle est à l'origine de nombreuses rumeurs qui courent sur certains habitants, et a le facheux défaut d'être sans limites.
Par ailleurs, Joan Smith a la particularité de provenir du même milieu social, dégradé et miséreux que celui d'Eunice.
Et puis, autre élément marquant qui enfonce un peu plus le clou, Joan Smith déteste la famille Coverdale. Elle les espionne même en ouvrant leur courrier, ce que le fils ne supporte plus !
Evidemment les deux femmes se lient d'amitié. Leur relation présente aussi un intérêt tant pour l'une que pour l'autre. D'un côté, Eunice a besoin de Joan lorsque ses patrons lui laissent des mots ; elle sollicite ainsi la postière pour que celle-ci décrypte les tâches à effectuer, et notamment les listes de courses. De l'autre, Eunice se révèle une véritable source d'informations aux fins de satisfaire la curiosité de Joan sur les faits et gestes de la famille Coverdale. Ainsi influencée par la redoutable postière, Eunice va se montrer de plus en plus froide avec les Coverdale, allant elle-même jusqu'à les espionner, puis les haïr tout comme Joan Smith.
Les choses se précipitent et prennent alors toute leur tournure fatale lorsque Melinda perce à jour le secret d'Eunice. Celle-ci se sent humiliée et trahie. Elle tente de se dépétrer comme elle peut, et va jusqu'à faire du chantage à Melinda qui, pas du tout impressionnée, en fait part à son père. Celui-ci, ne tolérant pas du chantage sous son toit, encore moins à l'égard de sa propre fille, renvoie immédiatement la gouvernante. Eunice serait ainsi partie sans broncher si son patron n'avait point ajouté une petite réflexion piquante sur la situation de sa bonne. Celle-ci, qui haïssait déjà ses employeurs du fait de son alliance avec Joan, les exècre au plus haut point, et ne compte d'ailleurs pas en rester là. Et l'alliance entre ces deux femmes machiavéliques aura pour conséquence une addition salée pour la famille Coverdale.
Ce roman a donné lieu à la réalisation d'un film signé Claude Chabrol, avec pour acteurs Virginie Ledoyen, Jean-Pierre Cassel, Sandrine Bonnaire entre autres, et intitulé "La Cérémonie".
La Nostalgie de l'Ange - Alice SEBOLD
Susie nous raconte son parcours, celui d’une jeune adolescente de 14 ans qui aurait pu poursuivre une existence normale si elle n’avait pas un jour croisé le chemin d’un tueur en série. C’est en sortant de l’école que son voisin, pervers dans l’âme mais à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, l’attire dans un champ isolé, la viole, puis la tue avant de découper son corps en morceaux.
L’enquête fera chou blanc, les policiers ne mettront jamais la main sur le meurtrier.
Si l’intrigue est relativement banale, le point de vue du narrateur est quelque peu original, dans la mesure où c’est Susie elle-même qui, de son Paradis, nous raconte ses journées, et particulièrement celles où elle observe sa famille, et assiste impuissante à la désagrégation de celle-ci.
C’est ainsi qu'elle voit ses parents se séparer, sans pour autant quitter des yeux son meurtrier. Car ce personnage, bien que n’ayant pas retenu l’attention de la police, avait retenu celle du père de la victime, convaincu de sa culpabilité, mais ne pouvant rien mettre en œuvre pour le confondre.
Roman assez original dans la mesure où il suggère l’idée d’une vie après la mort. Le titre s’explique assez simplement : un ange regarde, nostalgique et triste, la sphère dans laquelle il vivait, suivant pas à pas, jour après jour les aventures de sa famille qui se désunit peu à peu après son départ.
Ne le dis à Personne - Harlan COBEN
Ecrit en 2001, Ne le dis à Personne (Tell No One) est un thriller poignant qui, une fois attaqué, ne se lâche plus tant qu’on en a pas le fin mot. Adapté au cinéma en 2006 par Guillaume Canet, il met en scène François Cluzet, André Dussolier, Marie-Josée Croze…
David et Elisabeth s’aiment depuis très longtemps, leur amour remonte à l’enfance. Dans l’endroit qui alimente la magie de leur idylle se trouve un arbre sur lequel les deux amoureux ont gravé autant de traits que d’années passées depuis leur premier baiser. Un jour, alors qu’ils fêtent un de ces anniversaires, Elisabeth est sauvagement abattue, assassinée par un tueur en série. Le lendemain, c’est le père d’Elisabeth, alors policier, qui reconnaît le corps de sa fille. Une enquête est ouverte.
Huit ans plus tard, le docteur David Beck, alors pédiatre dans une clinique ayant une structure disposée à accueillir les plus pauvres, reçoit un e-mail étonnant. En effet, comme objet figurent des éléments codés que seule Elisabeth pouvait connaître. Le mail comporte un lien qui oriente le médecin vers une vidéo, qui montre une femme, certainement Elisabeth, mais très changée. Toutefois, Beck est persuadée que c’est elle, sa femme. Il décide alors de comprendre le pourquoi de cette invraisemblance, tentant vainement de retrouver son épouse. Néanmoins, sa marge de manœuvre est très limitée car chaque mail lui parvenant indique : « Ne le dis à personne, on nous surveille ».
Heureusement, aidé d’une amie avocate très tenace recommandée par un membre de sa famille, le docteur Beck devient rapidement la cible de tueurs à la solde d’un milliardaire qui agit dans l’ombre, ainsi que de la police. De ce fait, Beck sera contraint de contourner la loi, afin de percer à jour un secret qu’Elisabeth avait découvert huit ans plus tôt mais qu’elle n’avait malheureusement pas eu le temps d’ébruiter.
Toi que J'Aimais Tant - Mary HIGGINS CLARK
Sa sœur a été tuée, et elle a caché pendant des mois qu’elle savait où elle était allée. Cette grande sœur aînée avait un petit ami, que ses parents n’appréciaient pas, mais elle continuait à le voir régulièrement, en cachette cela va sans dire, et dans un endroit secret. Elle avait partagé ce secret avec sa sœur, qui savait où elle était le jour du meurtre. Elle n’avait parlé que trop tard.
On avait retrouvé l’aînée de cette famille assassinée, frappée à la tempe par un objet contondant.
Très vite, le criminel avait été intercepté, il s’agissait ni plus ni moins du petit ami, vraisemblablement jaloux que sa copine aille au bal de fin d’année avec un autre que lui. Il n’avait pas hésité à la dépouiller du collier en forme de cœur qu’il lui avait offert peu avant.
Les soupçons pesant sur lui furent rapidement étayés par des preuves et indices matériels. Rapidement, le fameux Roy est mis sous les verrous, bien qu’il clame encore et toujours son innocence. Ses parents, de richissimes bourgeois, sentent leur réputation salie par l’image de ce gueux assassin, mais tentent malgré tout de le tirer de là en créant un mouvement de solidarité militant pour l’innocence de leur fils. De nombreuses personnes s’y allieront par la suite.
Mais la jeune sœur de la fille assassinée sait, intrinsèquement, qu’aucune erreur judiciaire n’a été commise et que c’est bel et bien Roy qui a tué sa sœur de sang froid. Près de vingt ans plus tard, elle est devenue journaliste et s’apprête à couvrir l’événement qui consiste en la sortie de prison de Roy. Toutefois, elle a également appris qu’il pourrait sortir plus tôt que prévu.
De fait, envers et contre tout, bien que tout le monde semble s’être liguée contre elle pour lui démontrer que le temps avait fait son œuvre, la jeune sœur ne compte pas laisser sortir ce monstre de prison. Active, elle crée un site Internet où elle relate son malheur, elle interroge des témoins et des anciens policiers qui ont travaillé sur l’affaire vingt ans auparavant. L’enquête est longue, semée d’embûches, mais elle parvient à dénicher un indice de taille, qui fera ou non replonger Roy dans les abîmes de l’enfer.
Ce n’est qu’une question de temps, Roy sera dehors dans moins de vingt-quatre heures. Qui, dans ce face à face contre la montre, aura le dernier mot ? Lequel des deux sortira vainqueur ?
Bien menée, l’intrigue n’est toutefois pas des plus intéressantes. Les développements demeurent longs et parfois sans intérêt.
Juste un regard - Harlan COBEN
La vie de Grace Lawson est tout ce qu’il y a de plus banal ; un mari aimant, deux enfants – une fille, un garçon qui vont à l’école élémentaire – une petite maison située en banlieue… bref rien de tout cela ne semble annoncer un quelconque changement. Et pourtant… c’est en décachetant un paquet de photos lui appartenant que Grace Lawson découvre une très étrange photo datant d’au moins quinze ans. Il y a cinq protagonistes : l’un d’eux s’avère être Jack, son mari.
Finalement, rien l’a dedans n’est alarmant ; tout comme elle, Jack a eu une vie avant leur rencontre. Mais alors ? Que fait cette photo au beau milieu de photos récentes ? Pourquoi Jack part-il si vite, comme s’il fuyait, à la vue de cette photo que Grace lui met sous le nez le soir même ? Et pourquoi ne revient-il pas ?
Avec l’aide son amie Cora, Grace commence une enquête à sa façon, mais ses nombreuses investigations – dont la plupart feront chou blanc d’ailleurs – convergent vers une seule et même solution : tous les protagonistes de la photo ont disparu. C’est vrai, Jack a fui et on n’a plus eu de nouvelles de lui jusqu’à un bref et alarmant message ; la jeune fille blonde dont le visage est barré d’une croix semble ne plus être de ce monde ; quant à l’autre, elle a mystérieusement disparu, et on n’a plus de traces d’elle. Et il en va de même pour les deux autres larrons de la bande, inconnus de tous les services – qu’ils soient sociaux, policiers etc…
C’est vraiment trop étrange, comme si la simple vision de cette photo avait provoqué un véritable cataclysme chez les Lawson !
Et puis il y a un fait : Grace boitille, depuis quinze ans. Cela remonte à presque quinze ans jour pour jour, et bientôt la date anniversaire arrive. Carl Vespa ne manque d’ailleurs pas l’occasion. En effet, quinze ans auparavant, Grace Lawson a été l’étrange miraculée d’un massacre qui eut lieu lors d’un concert. Après avoir entendu des coups de feu, la marée humaine s’est ruée vers la sortie, piétinant tout sur son passage, même des enfants. Au total, le massacre fera une vingtaine de morts et des dizaines de blessés. Grièvement touchée, Grace s’en tire avec une jambe infirme à vie, et devient en quelque sorte le célèbre symbole de cette dégénérescence.
Y a-t-il un lien, si ténu soit-il ? Pourquoi Carl Vespa, père d’un petit Ryan, décédé lors de cette cohue meurtrière, tient-il réellement à faire renouer Grace avec le monde de la musique et celui des concerts ? Celle-ci l’ignore. Elle plonge trop rapidement dans l’abîme d’une immense imposture pour se rendre compte de quoi que ce soit.
Sa vie sentiementale semble être basée sur le mensonge.
Dans ce volume, Coben nous montre encore plus à quel point son esprit est alambiqué : nombre de détails sont évoqués, creusés, puis balayés avant de revenir à la surface cent pages après pour faire lumière sur une zone d’ombre. L’intrigue est bonne, toutefois manquant parfois un peu d’entrain. Le lecteur ne semble pas être surpris outre mesure, bien que tous les personnages évoqués aient un lien plus ou moins affirmés les uns avec les autres. On retrouve d’ailleurs dans cet ouvrage le fameux Eric Wu, déjà rencontré dans « Ne le dis à personne ».