Romans policiers en vrac

- Claire FAVAN : Le Tueur de l'Ombre
- Claire FAVAN : Apnée Noire

- Stieg LARSSON : Millenium tomes 1 et 2
- Gillian FLYNN : Les Lieux Sombres
- Robert POBI : L'invisible
- Eric VON LUSTBADER : Le Danger dans la Peau
- Claire FAVAN : Le Tueur Intime
- Jean-Christophe GRANGE : Le Serment des Limbes
- Anonyme : Le Livre Sans Nom, L'Oeil de la Lune, Le Cimetière du Diable, Le Livre de la Mort
- Anthony E. ZUIKER : Level 26 (Dark Origins)
- Dennis LEHANNE : Shutter Island
- Laurence ORIOL : Le Tueur est Parmi Nous        
- P.D. JAMES : La Meurtrière                                
- S.A. STEEMAN : L'Assassin habite au 21            
- Ruth RENDELL : L'Analphabête                      
- Alice SEBOLD : La Nostalgie de l'Ange    
- Mary HIGGINS CLARK : Toi que J'Aimais Tant
- Ruth NEWMAN : Les Visages du Mal 

- Jesse KELLERMAN : Les Visages
- Pierre LEMAITRE : Robe de Marié

Le Tueur de l'Ombre - Claire Favan

Will Edwards s'est échappé.
Problématique.
Toutefois, rien ne semble se passer ; Samantha et RJ semblent couler des jours heureux... en apparence toutefois.
Des jours, des semaines, des mois s'écoulent. Rien ne se passe. Une enquête sur les circonstances de l'évasion d'Edwards est rondement menée, et des éléments troublants semblent indiquer que le tueur a bénéficié  d'une aide extérieure. Curieux venant d'un individu aussi égocentrique et solitaire. Et pourtant, les indices sont là...
L'équipe de Scanlon est un peu pantoise.
Et puis ce sont d'autres affaires qui prennent le relai, d'autres meurtres notamment, certains assez curieux. Des meurtres. Ses meurtres. C'est forcément lui, c'est forcément Edwards : cette signature, ce modus operandi... et pourtant, des différences notoires apparaissent à chaque fois, par rapport à la première série, par rapport au meurtre précédent.
RJ est sceptique. Et à mesure qu'il se plonge au coeur de cette nouvelle affaire qui le touche cette fois personnellement, il perd un peu plus Samantha, assaillie par les reporters, bientôt licenciée de l'emploi qu'elle occupe de longue date dans cette banque où plus aucun client ne veut avoir affaire à elle... C'est la solitude la plus totale, à l'exception de Tom, le fils qu'elle a eu avec RJ. Mais Tom ne parle pas, il babille, et c'est tout ce que peut faire ce petit être complètement dépendant.
Les deux membres du couple descendent peu à peu dans un abîme dont ils ne savent pas si une issue existe, à mesure qu'un tueur tapi dans l'ombre agit, en préparant son prochain coup. Mais lequel ?

Une déception je l'avoue. Autant le premier opus était très bien construit, rondement mené, et les ressources psychocriminologiques solides et riches, cette suite est un peu fade, beaucoup moins bien construite. Une révélation aux deux tiers du livre fait l'effet d'une bombe, mais au-delà, le final est plus que médiocre.

 



Apnée Noire - Claire Favan

Megan Halliwell. FBI. Jolie, ambitieuse, prête à tout pour boucler ses enquêtes. Si elle est aussi insupportable que désagréable, si ses méthodes sont par moment assez peu orthodoxes, ses résultats parlent d'eux-mêmes. Et puis c'est elle qui a bouclé le tueur en série Vernon Chester. Sa réputation de "robot" n'est alors plus à faire. Car c'est bien cela qu'est Megan Halliwell : un robot, sans vie autre que celle professionnelle, et qui ne s'arrête jamais.

Vince Sandino. Policier autrefois compétent, aujourd'hui ivrogne accompli qui ne ressasse que la culpabilité sur la tragédie qui a emporté sa famille. Et s'il est encore en exercice, c'est grâce aux innombrables faveurs de son supérieur et ami, Red. Rien de plus. Là où d'autres l'auraient licencié vite fait bien fait, Red a été compréhensif, parfois un peu trop, lui assurant que "cette fois, c'est la dernière".

Dès lors, on voit mal comment ces deux individus, une Megan aux dents qui rayent le parquet, et un Vince perclus de remords, quasiment inanimé, vont devoir collaborer sur l'affaire Vernon Chester bis. Car si le tueur en série est mort, exécuté suite à la sentence prononcé par le tribunal, des meurtres sont à nouveau commis à Columbia. Et cela, personne n'arrive à l'expliquer. Comment se peut-il que les meurtres soient en tous points identiques, alors que précisément certains éléments de la première enquête n'ont jamais été révêlés à la presse ? Il ne peut donc s'agir d'un copycat, un de ces imitateurs pleins d'admiration pour leur idôle. Et si finalement, ce n'était pas le tueur lui-même... le vrai ?
Impensable pour Megan, sûre de son fait. Beaucoup plus intelligible pour Vince, qui commence à douter des méthodes de sa collègue fédérale. Et pourtant, Chester a été serré en flagrant délit... Cette enquête a de quoi faire tourner la tête, autant que les nombreuses gueules de bois qu'endurera Vince au cours de l'enquête.


Si Claire Favan m'a séduite avec Le Tueur Intime, Apnée Noire me laisse un goût amer. Autant ces personnages sont profonds et réalistes, autant ils cadrent mal avec une enquête policière. Quant à l'intrigue, si elle est palpitante par moments, il y a des moments creux, voire inintéressants. Quant au style,  il est ardu de savoir quelles paroles imputer à qui. 
Une déception.



Millenium tome 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Stieg LARRSON


C'est un coup dur pour Mikael Blomkvist, journaliste et co-fondateur de la revue Millenium, tout juste condamné pour diffamation. La petite revue d'économie critique voit en conséquence son nombre d'annonceurs et d'abonnés diminuer.
En face : l'industriel Wennestrom de l'empire financier du même nom.

A peine remis du choc de la condamnation - pourtant sans surprise, Mikael est contacté par un certain Dirch Frode dont la requête est pour le moins mystérieuse.
Sorte de mandataire d'un tiers qui ne se montre pas, Mikael est invité à se rendre à Hedestad, à quelques trois heures de train de son actuel lieu de vie. Sans autre explication.

Après hésitation et une fois arrivé sur place, le deal est simple : résoudre une enquête et en échange la tête de Wennestrom.
Cela peut sembler simpliste - ceci n'est qu'un résumé - mais en quelques mots, l'idée est là.

Le tiers en question, c'est Henrik Vanger, gros industriel également, dont les industries Vanger qui avaient encore le vent en poupe il y a de cela une trentaine d'années, commencent à péricliter doucètement.
Mikael doit enquêter sur le drame de sa vie : la disparition en 1966 de sa petite nièce, Harriet.

Alors même que la police a épuisé tous ses moyens, alors même qu'Henrik Vanger lui-même y a laissé la santé - et l'esprit... y a-t-il réellement une chance pour que Mikael Blomkvist, journaliste d'investigation, puisse trouver quelque chose ? Et un quelque chose qui explique le sort de Harriet Vanger ?! Cela semble peu probable.

De l'autre côté, quelque part en Suède, Lisbeth Salander vient d'apprendre que sa tutelle vient d'être modifiée...


Un livre à suspense assurément. Palpitant, intéressant à lire. Bien écrit, bien ficelé. Avec des considérations intéressantes sur l'économie et le fonctionnement de celle-ci. Parfois un peu difficile de s'y retrouver parmi tous les membres de la famille Vanger, même en ayant vu - plusieurs fois - le(s) film(s). Un arbre généalogique serait le bienvenu, en plus des plans de l'île qui eux sont inclus.


Millenium tome 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allummette - Stieg LARSSON

Dans ce deuxième volet de la saga, Mikael Blomkvist est sur le point de publier, en collaboration avec Dag Swenson et Mia Bergman, un article brûlant sur les dessous de la prostitution en Suède, où nombre de personnalités médiatiques tels avocats, juges, médecins seront dénoncés en temps que membres actifs du commerce du sexe. Autrement dit, une enquête à scandale et des dénonciations tonitruantes !
Sauf que... juste avant la parution de ce livre et des articles afférents, le couple de chercheurs se fait assassiner. Proprement : chacun une balle, personne n'a rien vu, rien entendu. Et cela, au moment où Lisbeth Salander refaisait précisément surface en Suède, après des mois d'errance de par le monde. Si cette réapparition ne semble pas être liée à l'affaire, la police pense tenir son coupable lorque les empreintes de Salander sont effectivement retrouvées dans l'appartement du couple, et qu'une troisième est à déplorer : Maître Nils Bjurman, autrement dit le tuteur de Salander !
Les choses semblent franchement se gâter pour elle, recherchée avec le concours des médias pour triple meurtre ! Rien que ça !

Blomkviste, convaincu de l'innocence de Salander, va se lancer dans une contre-enquête aussi ardue qu'impossible ; n'étant pas flic, n'ayant pas les ressources de hacker que Salander peut avoir, il avance non sans ramer au milieu d'un commerce du sexe mal connue, et d'une histoire personnelle de Salander bien cachée mais qu'il finit par découvrir, médusé.
De son côté, Ian Bublanski, le flic qui chapeaute les investigations policières se voit confronter à deux versions sur sa suspecte : la version officielle, celle d'une fille instable et folle à lier, sous tutelle, plusieurs fois internée, réputée dangereuse ; et la version de ses "proches" si tant est qu'on puisse parler de proches dans le cas de Lisbeth Salander mais qui la décrivent tous comme quelqu'un de très intelligent, violent lorsque les circonstances l'exigent, mais d'admirable et intègre.
Si au départ, l'équipe policière recherche la suspecte avec ferveur et acharnement, progressivement des éléments font irruption dans l'enquête qui montrent que Salander n'est peut-être pas le bourreau tout désigné qu'on veut bien leur faire croire...

Un deuxième opus intéressant, quoi qu'un peu plat et lent parfois. Même si on en apprend beaucoup sur Salander, l'intrigue est parfois "tellement grosse" que ça devient beaucoup moins réaliste.



Les Lieux Sombres - Gillian FLYNN

En 1985, le 3 janvier pour être exact, la famille Day a été partiellement décimée : Patty la mère, Debby et Michelle les deux filles. L'une d'entre elles a réchappé au massacre : Libby. Elle s'est sauvé dans les bois, et a attendu l'aube, en état d'hypothermie.
Très rapidement la police met la main sur Ben Day, le fils de 15 ans. Voilà plus de 20 ans qu'il est en prison pour ce triple meurtre.

Libby a fait sa vie depuis, ou plutôt n'a rien fait de sa vie. Ballottée de maison d'accueil en foyer, elle se laisse porter là où le vent l'emmène, incapable de prendre sa vie en main.
Un jour, elle fait la rencontre de personnes férues d'histoires criminelles dont la sienne, qui ont formé un mouvement de lutte pour la libération de Ben Day. Libby est révoltée.

Mais petit à petit, va s'ouvrir en elle une possibilité infime, une alternative à la version officielle qui se pourrait bien être la réalité. Et Libby de se mettre petit à petit en quête de ce qui s'est vraiment passé cette nuit-là, le 3 janvier 1985.

Sordide, sinistre.
Deux mots que je trouve parfaits pour qualifier ce livre qui me laisse pendant et après lecture un sentiment de malaise. Le personnage clé, Libby, est désopilant, désagréable ; aucune identification à ce personnage n'est possible, ce qui laisse l'intrigue à distance. On ne se sent pas happé.
Le climat général est celui d'un inconfort, d'un mal-être. Si c'est le but recherché, c'est très ussi. Le dénouement n'est pas forcément surprenant, mais ajoute à ce sentiment d'inconfort.


 

L'invisible - Robert POBI


Jacob Coleridge est un ancien peintre de renommée mondiale, sur le déclin depuis qu'il souffre d'Alzheimer. La dernière en
date : il s'est mis le feu avant de sauter par la fenêtre de sa villa et d'atterrir dans la piscine. Transféré à l'hôpital le plus proche, il est à l'état de légume, dans une chambre blanche et morne, gavé de cachets, les mains bandées autour de ses moignons.
Son fils Jake, au vu des circonstances dramatiques, revient dans la région, après trente ans passés ailleurs, à errer et tenter d'oublier le drame de son enfance ; l'assassinat de sa mère.
Une fois sur place, en plus d'avoir à faire face à la triste réalité quant au sort de Jacob Coleridge, Jake est appelé en urgence par les services de police locaux. Un double meurtre assez horrible vient de se produire dans la petite bourgade d'ordinaire s tranquille. Il s'agit de deux personnes, un adulte et un enfant, apparemment une femme et son fils... Apparemment en effet, puisque les deux individus ont été... dépecés !
La tâche est d'autant moins aisée que cette localité n'a pas les moyens utilisés habituellement par Jake Cole au sein du FBI, et il faut malheureusement opérer avec les moyens du bord. Et ceci s'annonce d'autant plus ardu qu'un cyclone d'une intensité rarement enregistré jusque là fonce droit sur les côtes. On dit même de Dylan qu'il est devenu électrique...
Jake comprend qu'il n'a pas beaucoup de temps pour s'occuper de son père, moribond, résoudre ce meurtre dont il pressent qu'il n'est que le premier d'une longue série. Et il ne peut avancer sans se rappeler incessamment du meurtre de sa mère, quelques trente ans auparavant. Et si ces deux nouveaux meurtres étaient liés ?

 


 

Le Danger dans la Peau - La sanction de Bourne
Eric VON LUSTBADER d'après Robert LUDLUM


Bourne a repris un vie tranquille, loin des missions aux quatre coins du globe. Il est désormais professeur de langue dans une université, partageant son quotidien entre ses étudiants et ses interrogations quant à son passé perdu - sa mémoire qui ne revient pas - et son éternel questionnement : Bourne ou David Webb ?
C'est lorsque son ami et protecteur, le professeur Dominic Specter, est capturé, que Bourne revêtit le costume d'agent pour se lancer à la poursuite de ses assaillants, sans savoir qu'il se joue une partie d'échecs dont il ignore tout de la teneur. Dans quel camp est-il ? Qui sont ses alliés ?


Les morts se multiplient à mesure que le temps passe, avec toujours la même question : à qui faire confiance ?

Enigme quelque peu difficile à suivre, il ne faut pas être déconcentré pour ne pas en perdre une miette. L'idéal est à mon sens, de le lire deux fois pour bien s'en imprégner et en saisir les moindres détails.
Les femmes sont très présentes dans cet opus et nombreuses, elles rajoutent à l'angoisse relative à quel camp se fier, quel jeu jouent-elles ? Flashback dans le passé d'un tueur hors pair, lui aussi sur les traces de Bourne, avec un dessein commun, ou pas, "Le Danger dans la Peau" met en scène un Jason Bourne fidèle à la trilogie bien connue de Robert LUDLUM, avec toutefois des états d'âme qui surprennent venant de lui.

N'ayant pas lu les opus précédents (ceux de VON LUSTBADER), je pense n'avoir pas tout saisi des détails dont il est fait référence, notamment quant aux passé et agissements récents de Bourne. Toutefois, ça ne nuit en rien à la compréhension de l'intrigue en cours.


 



Le Tueur Intime - Claire FAVAN

Le Tueur Intime, c'est la plongée abyssale dans les pensées morbides de Will Edwards. Il n'a alors que quinze ans, victime des mauvais traitements de son père, sa mère étant décédée quelques années plus tôt.
Son destin bascule lorsqu'il rencontre à l'école, une certaine Samantha Monaghan, qui le soustrait au lynchage permanent d'une bande de gros durs en quête d'un souffre-douleur. Sans le savoir, Samantha Monaghan a elle aussi scellé son destin. Car Will Edwards est un tueur en série en devenir, et il compte bien prendre sa revanche sur toutes ces personnes qui l'ont à un quelconque moment de sa vie, humilié. D'autres seront ses proies, objets même de son fantasme. D'autres encore, des victimes collatérales, parce qu'elles se seront retrouvées en travers de son chemin.
Petit à petit, le filet se resserre autour de Samantha Monaghan, sans même qu'elle le sache.

Les années passent, les disparitions de jeunes filles au profil similaire se multiplient. Puis cessent.
Bientôt les corps seront laissés au vu et au su des enquêteurs, qui comptabiliseront près de quatorze victimes. Officielles.
Et bien que l'équipe compte parmi les meilleurs des meilleurs, l'enquête piétine. Pas une piste. Pas le moindre commencement d'indice. Rien. Le tueur les mène par le bout du nez, semant ça et là des indices juste bons pour les perdre davantage.

L'enquête est au point mort. Il faut attendre l'arrivée d'un profiler d'exception, Reed Scanlon, pour lui donner un second souffle. Mais s'intégrer à une équipe constituée de longue date n'est pas une mince affaire, et proposer un profil complètement différent de celui établi par le profiler en chef l'est encore moins. D'autant que RJ est fraîchement divorcé, et encore un peu sous le choc des différentes révélations acérées de son ex-femme.


COUP DE COEUR DU MOMENT, Le Tueur Intime est une franche réussite. Premier roman de son auteur, il va au coeur des pensées du tueur, de celles des différents protagonistes de l'histoire. L'intrigue est très bien menée, sans moment creux, sans incohérence. Des flashbacks et autres ellipses augmentent le piment, et nourrissent le suspense. Chapeau bas pour cet ouvrage, une franche réussite !


 



Le Serment des Limbes - Jean-Christophe GRANGE

Lorsque Luc Soubeyras son meilleur ami tente de se suicider et plonge alors dans un coma profond, Mathieu Durey, Commandant à la criminelle, décide de reprendre ses enquêtes, tombant alors sur un dossier sensible dont le point de départ se situe dans le Jura.
C'est le meurtre de Sylvie Simonis. Effroyable. Ignoble. Et surtout très étonnant. C'est comme si la Mort avait gagné le cadavre par étape ; celui-ci présente toutes les phases de la décomposition. La tête est encore "chaude" tandis que les membres inférieurs semblent être décomposés depuis plusieurs semaines. Comment est-ce possible ?

Durey en est persuadé. C'est cette enquête qui a précipité son ami dans les Limbes. Il va alors suivre sa piste, remonter sur le chemin des indices, interroger un à un tous les membres, témoins potentiels de l'enquête, sur un parcours semé d'embûches.

St Michel de Cèze.
Quinze ans auparavant.
Luc et Mathieu se rencontrent et partagent leur foi, suivant des cours jusqu'en doctorat. Avant d'embrasser une carrière de policier.
Que restera-t-il de ce temps-là si Mathieu ne parvient pas à temps à faire lumière sur ce mystère ?


Très bien écrit, ce polar de plus de 600 pages montre à quel point l'auteur est bien documenté, bien renseigné, tant sur les aspects religieux que sur les détails scientifiques.
L'intrigue est très bien menée. Il n'y a pas de passages creux, bien que ce pavé ne se lise pas en deux jours ! Riche en rebondissements, on s'attache vite aux personnages, sauf peut-être au narrateur lui-même, qui n'est pas très détaillé, peu décrit.
Une réussite sans aucune doute !


 




Le Livre Sans Nom

Santa Mondega, petite ville oubliée du reste du monde, théâtre d’un bain de sang voilà 5 ans, et qui connaît depuis quelques temps, des meurtres d’une ignominie peu commune. Les victimes ont en commun leurs yeux énuclées et leur langue arrachée. A part ça, rien ne semble les relier : pas d’activité commune ni de passe-temps commun, elles semblent toutes être choisies au hasard.

Par ailleurs, une jeune femme sort du coma dans lequel elle a été plongée pendant cinq ans, tentant de glâner ça et là des informations sur sa vie d’alors, étant ce jour amnésique.

Santa Mondega, c’est aussi l’apparition de deux moines issus de la petit île d’Hubal, en quête d’une mystérieuse pierre bleue que l’on appelle l’Œil de la Lune et à laquelle on prête des pouvoirs surnaturels. Rien que ça...


C’est aussi un flic spécialisé dans les affaires paranormales que le gouvernement a dépêché sur place. Pour que l’Etat intervienne dans cette petite bourgade oubliée de tous, c’est bien qu’il s’y livre des choses pour le moins étrange.

Idée originale s’il en est, on saluera là le lien entre le présent livre sans nom et son contenu, lequel parle également d’un mystérieux livre sans nom ni auteur. Le style est sympathique, riche, l’imagination fertile. Mais il semblerait qu’à vouloir mêler trop d’intrigues à la fois, trop de genres en même temps, ça fasse un peu « too much », à la limite de l’indigestion.  


L'Oeil de la Lune

Santa Mondega, il y a dix-huit ans.
Lors de la nuit d'Halloween, tout le monde se pavanne à qui aura le meilleur déguisement, même Beth Lansbury qu'exceptionnellement son odieuse belle-mère a autorisé à sortir. Et la jeune adolescente se réjouit de cette sortie inopinée. C'est au cours de cette même soirée qu'elle flirtera avec un jeune homme rudement charmant et aux bonnes manières, un certain JD.
Seulement, la nuit d'Halloween vire au cauchemar lorsque Beth se fait attaquer par un vampire, que l'Eglise dans laquelle est donnée un récital est assaillie par une horde de buveurs de sang. Mais ce n'est rien comparé à ce qui l'attend chez elle...

Dix-huit ans plus tard, soit un an après que le Bourbon Kid ait massacré tout le monde lors de l'éclipse, la vie semble avoir repris son cours à Santa Mondega, même si la population est plus au fait que jamais de l'existence des Créatures du Mal. Mais tout le monde semble s'en accomoder.
La tournure des événements se brouille légèrement lorsque disparaît du musée local une prestigieuse momie égyptienne, qui s'est véritablement volatilisée. Dans le même temps, on suit les investigations étranges d'un trio de policiers en fait fort peu recommandable, l'enlèvement d'un patient de l'hôpital psychiatrique et des morts, toujours des morts, un peu plus.


A présent que le décor est planté et ce, grâce au tome 1, l'intrigue est moins surprenante, moins décalée et loufoque. Ainsi on sait de suite à quoi s'attendre ; vampires, loups-garous, crimes en série. Un véritable univers fantastique, mais réaliste en même temps. Un bon moment à passer, et une intrigue qui tient en haleine, qui pousse à continuer la lecture et avec elle nos propres investigations pour tenter de démasquer avant tout le monde qui est qui !



Le Cimetière du Diable

On fait un bond en arrière. On quitte Santa Mondega pour une zone désertée et désertique, vide de toute âme ou presque, et que l'on fuit comme la peste : bienvenue au Cimetière du Diable.

Comme tous les ans, s'y déroule un concours de chant, pour la fête d'Halloween. Sanchez, un peu las des sempiternelles festivités qui tournent au bain de sang dans sa ville natale, décide d'y faire un tour, et d'ailleurs il a gagné un voyage après avoir participé à un tirage au sort. Ca aurait pu être encore plus cool, si ce n'est qu'il a fallu composé avec une Annabel de Frugyn particulièrement odorante et dérangeante. Qu'importe ! Dès son arrivée à l'hôtel, Sanchez compte bien la fuir...
Il y retrouve d'ailleurs Elvis, venu participer au grand show d'imitation, dans lequel on retrouve d'autres imitateurs et d'autres pointures comme Kurt Cobain, Michael Jackson et j'en passe...
Seulement, il semble que cette petite réunion en apparence fort sympathique ne soit pas dénoué d'intérêt ... démoniaque ?! Ainsi on retrouve sur les lieux des partisans du Diable, comme l'organisateur lui-même. Il semblerait même que le show soit truqué et que les cinq finalistes soient déjà connnus avant même d'avoir été entendus. Bizarre !
Encore plus bizarre est la présence sur les lieux du Bourbon Kid qui, pour la première fois, semble être investi de quelques brins d'humanité ; ça ne l'empêche bien évidemment pas de faire usage du calibre, mais depuis que l'on connaît un peu plus son histoire telle qu'on l'a lue dans le tome 2, on conçoit comme "évidentes" certaines de ses réactions, parfois clémentes, si ! si! ça se peut.

Encore plus barré que les tomes précédents, ce troisième opus qui se déroule à huis clos n'a rien de franchement novateur, mais on s'attache irrémédiablement aux personnages, l'auteur fait en sorte qu'on les prenne en sympathie, ce qui nous pousse à continuer la lecture.


Le Livre de la Mort

On retrouve tous nos héros : Sanchez, Dante, Kacy sans oublier le Bourbon Kid et sa petite amie Beth.
Santa Mondega est toujours le théâtre d'un affrontement entre les créatures du mal et les humains, sauf que cette fois elles ont à leur tête un chef, bien décidé à faire main basse sur la ville et à révéler publiquement son existence au monde entier...
Aidé en cela par sa fille Jessica, il fomente un plan dont le but est d'anéantir toute la population locale mais surtout de tuer pour de bon le Bourbon Kid.
La balance semble assez déséquilibrée en sa défaveur, car JD semble être seul contre tous ; Gaïus, sa fille, Bull et tous les vampires derrière eux...
En outre on se souvient que lors des derniers affrontements sanglants, Dante et Kacy sont devenus des vampires eux aussi ; toute la difficulté sera pour eux de retrouver l'Oeil de la Lune pour redevenir humains. Et pour cause, la pierre n'est autre par que dans l'orbite de la momie !
De son côté, Sanchez multiplie les bourdes, embrigadé par la délicieuse Flake du Olé Au Lait qui le pousse à s'engager dans les forces de l'ordre, les effetifs mondegains étant été décimés. Toutefois c'est avec une certaine classe qu'il se débarrasse d'un vampire pédophile déguisé en Père Noël.

Un peu long à démarrer à mon sens, on a du mal à se sentir captivé par l'histoire qui, du reste, commence à devenir franchement redondante au bout du quatrième opus. Il n'y a plus aucune suprise. Décevant !



Level 26 - Anthony E. ZUIKER

Pour les forces de l'ordre, il existe une classification qui répartit les meurtriers sur 25 niveaux d'après leur dangerosité. Si Ed Gein et Ted Bundy occupent les niveaux 13 et 17, on a du mal à imaginer ce que peuvent être les meurtriers situés à des niveaux supérieurs. Et pourtant...

Voilà trente ans que des meurtres ont été commis un peu partout dans le monde, des meurtres apparemment sans mobile, et surtout sans aucune trace de la part de leur auteur. Des meurtres que rien ne relie. 

Il a fallu des heures entières de recherches, de réflexions, d'investigations, d'hypothèses et de déduction pour parvenir à la conclusion suivante : ces crimes sont l'oeuvre d'un seul et même homme. Seulement voilà : jamais il n'a commis d'erreur, il n'a laissé aucun indice sur toutes les scènes de crime que la police a eues à connaître au cours des trente dernières années. Trente ans, c'est long quand on compte au fur et à mesure de la progression du monstre, les cadavres qu'il sème sur sa route. 


Son nom : Sqweegel.
Pourquoi ?
C'est le bruit qu'ont fait les lames qui ont découpé une jeune mère en tranches alors qu'elle s'était arrêtée avec son fils, à une station de lavage. Le petit a vu sa mère mourir sous ses yeux.
Prenez des ciseaux, et écoutez leur bruit : sqweegel, sqweegel ... 
De quoi faire frémir n'est-ce pas ?

C'est à Rome il y a de cela deux ans, que Steve
Dark, ancien agent fédéral, a manqué de peu l'assassin ; la course poursuite s'est soldée par un échec, Dark tirant dans un miroir plutôt que dans sa cible réelle, laissant échapper cette dernière. 

Depuis, Sqweegel a massacré sa famille, et Dark a laissé tomber le métier. 

Pour autant, Tom Riggins se doit d'être convaincant aujourd'hui ; c'est à lui seul qu'incombe la tâche de faire reprendre du service à son ancien employé. Ce ne sera pas chose facile, lorsqu'on sait que Dark a, sinon tourné une page sur ce massacre, entamé une autre vie avec Sibby, laquelle est enceinte. 


Le tout est de convaincre Dark... 


Un thriller passionnant, dont on ne peut plus se passer une fois les premiers chapitres lus. 
Au fur et à mesure du livre, on suit la progression des agents en direct, sur le portail www.level26.com au moyen de courts-métrages, très bien réalisés. 
De quoi vous mettre des frissons ! A ne manquer sous aucun prétexte
!


 


Shutter Island - Dennis LEHANNE

Années 1950. Il existe au large de Boston un îlot des plus lugubres, baptisé Shutter Island. Il est le siège d'une institution psychiatrique spécialisée dans le traitement des criminels les plus dangereux. L'un d'eux a d'ailleurs disparu : il s'agit de Rachel Solando, une mère de famille condamnée pour avoir noyé un par un ses trois enfants.

La direction de l'hôpital fait appel à deux marshalls des Etats-Unis, Teddy Daniels et Chuck Aule, pour faire lumière sur ce curieux incident. En effet la patiente n'avait pour ainsi dire aucun moyen tangible de s'échapper. Sa chambre verrouillée n'offre qu'une seule issue, la fenêtre étant ornée de barreaux. Pas moyen non plus de s'y dissimuler. En outre des gardiens sont postés à tous les étages, dans tous les couloirs. Et si tant est que Rachel Solando ait pu faire tout ça, elle n'aurait pas pu passer outre la surveillance de tous les gardes, rassemblés en bas pour une partie de poker. Non assurément, quelque chose cloche dès le départ. Et c'est sans compter la feuille laissée par la disparue, dans sa chambre. Un message codé, un pictogramme. Voilà de quoi donner du grain à moudre pour le marshall Daniels.

Au fur et à mesure de leur progression, les deux militaires relèveront des éléments troublants, et devront répondre à des questions toutes aussi incongrues les unes que les autres : qui est le soixante-septième patient ? Pourquoi le phare est-il entouré de barbelets électriques et gardé par des hommes armés ? Qui est cette femme qui se cache dans la grotte ? Qui est Andrew Laeddis ?

Autant de questions auxquelles le marshall Daniels devra répondre, aux côtés d'un Chuck Aule visiblement pas très à l'aise dans cette atmosphère.

Intrigue déroutante à souhait, on tombe de haut à la fin. Et Martin Scorsese met un point d'honneur à l'adapter à l'écran avec Leonardo Di Caprio incarnant le marshall Daniels. Pour nous y perdre encore un peu plus !

 


Le Tueur Est Parmis Nous - Laurence ORIOL

L'ambiance déjà hypocrite d'une banlieue parisienne voit son atmosphère déchirée lorsque plusieurs meurtres sont perpétrés dans un bois. Des jeunes femmes, toutes enceintes.
Il ne fait ainsi pas bon rester traîner dehors le soir. Pourtant l'énigme ne se concentre pas autour de la recherche même du meurtrier ni autour des investigations des policiers et scientifiques. En effet, on ne s'attarde pas sur le fait que plusieurs meurtres comportent une "signature" que d'autres ne portent pas. Y aurait-il ainsi deux criminels ?
Ainsi, l'énigme est plutôt tournée vers un groupe de voisins, qui se tolèrent sans s'apprécier réellement. Riches médecins, notables de banlieues, tous prennent de l'âge et se battent contre les kilos superflus, et pour cela, vont courir dans le bois. Le tueur sanguinaire serait-il l'un deux ?
Le roman est essentiellement tourné vers ce que pensent les uns des autres, et vice-versa ; de nombreuses anecdotes se dénudent au fil de l'histoire, certaines qui auraient pu faire naître du suspens, mais qui n'ont pas été creusées plus que ça (je laisse le suspens entier pour ceux qui ne l'ont pas encore lu).

Ecrit dans une ambiance à la "Mary Higgins Clark", cet ouvrage se lit vite, d'autant qu'il est relativement bien écrit, avec des phrases courtes et un style plus qu'accessible.  


 La Meurtrière - P.D. JAMES

Philippa vient d'avoir dix-huit ans. Elle vit chez ses parents adoptifs, Maurice et Hilda Palfrey, dans une belle maison sise dans un quartier résidentiel de Londres.
Déjà très mature, très portée sur la littérature - elle veut devenir écrivain - Philippa est une jeune fille en avance sur son temps, aux idées claires et arrêtées. Très motivée, elle revêt un caractère tétu et orgueilleux. Ainsi, elle n'hésite pas à profiter d'une loi récemment votée par le Parlement anglais, et qui permet de retrouver, dans la mesure du possible, les parents biologiques d'un enfant adopté et qui aurait atteint la majorité.

C'est ainsi que débute l'intrigue ; Philippa subit le discours pompeux et bien trop répété à tel point qu'il en est avarié, d'une assistante sociale. Cette dernière tente de convaincre sa "patiente" de peser le pour et le contre des conséquences à tirer d'une telle entrprise.
Mais rien ne parvient à ébranler Philippa. 
Les actes d'état civil révèlent qu'elle est la fille de Martin et Mary Ducton, couple original s'il en est : lui est violeur ; elle, est une criminelle.

Secouée par ces brutales découvertes, la jeune fille s'intéresse malgré tout aux détails de l'affaire Scase, qui s'est déroulée dix ans auparavant. 
Depuis, Martin Ducton est décédé. Sa femme est en prison ; elle y a purgé sa peine et s'apprête à sortir.
Et Philippa n'hésite pas une seconde. Sortie d'un cycle d'étude, elle dispose de deux mois avant d'intégrer Cambridge. 
Après avoir pris contact avec sa mère, elle se met en quête d'un appartement pour elles deux.
Et avant la sortie de la meurtrière, la mère et la fille se rencontrent pour la première fois depuis tant d'années.


Le couple Scase n'a jamais été très heureux. Mavis semble se montrer trop autoritaire, et Norman est bien trop faible pour lui faire face, à elle comme à la vie.
Leur petite fille, Julie, fait partie d'un groupe, les Eclaireuses. Un soir, alors qu'elle quitte une de ces séances ,elle passe comme à son habitude par un lôtissement plutôt que de traverser le terrain vague qui, à vol d'oiseau, est pourtant le chemin le plus court.
Malgré ses précautions, Julie Scase croise malheureusement la route de Martin Ducton... et de sa femme. Violée puis tuée, Julie devient post-mortem l'emblême de vies brisées, d'un destin fatal, mais surtout le symbole d'une vengeance qui s'échaffaudra pendant des années. Martin Ducton mort, c'est vers sa femme que s'orientera ce désir de mort, qui ne deviendra avec le temps plus que la seule liaison entre les membres du couple Scase.
Plus tard, Mavis s'éteint d'une maladie, laissant un Norman encore plus désemparé car seul et affaibli.
Pourtant, dans le respect de la mémoire de sa fille et dans le but de garder sa parole et de tenir l'engagement fixé avec sa femme, Scase cherche coûte que coûte à achever la besogne. Pour cela, il démissionne de son emploi bien qu'il ne soit pas suffisamment gradé pour s'assurer une pré-retraite confortable. Ses collègues de travail s'interrogent sur le pourquoi d'un tel départ ; on parle d'un héritage. 


Et la traque débute alors dans les rues de Londres. Scase se déplace de lieux en lieux avec son sempiternel sac et son contenu macabre, avant de louer une chambre placé stratégiquement au sein de l'hôtel Casablanca. 

C'est ainsi que la mère et la fille Ducton vont être suivies par un homme petit, trapu, somme toute commun, tentant de se noyer dans la foule. Mais peut-être n'a-t-il pas encore commencé qu'il est déjà repéré ? 

Une analyse des thèmes principaux de l'ouvrage :
http://batcoco-bou.wifeo.com/documents/La-Meurtrire-Annexe.doc 


 L'assassin habite au 21 - S.A. STEEMAN

Roman policier publié en 1939, ce roman met en scène un mystérieux criminel qui terrorise la ville de Londres en commettant des meurtres en série. Curieuse manie, il signe ses crimes, en laissant près de sa victime une carte bristol au nom de « Mr Smith ». Le mode opératoire est toujours le même, et aucun lien ne rapproche les victimes entre elles, à part qu’elles sont toutes « assaillies » dans le brouillard. La police piétine ; pas de témoins, pas d’indices, à part peut-être ce nom de Smith, extrêmement couru en Grande Bretagne, mais qui ne rend pas la chose facile.
Toutefois, si l’enquête reste à zéro, un témoin surprend le fameux Mr Smith lors d’un de ses meurtres et décide de le suivre. Traversant quelques rues, il parvient à identifier très clairement que le meurtrier entre au numéro 21 de Russel Square.
Communiquant très vite ces informations à la police, le témoin, un certain Toby Marsh, précise que le meurtrier possédait une clé et que le 21 Russel Square n’est autre qu’une pension de famille !
 
Si l’affaire semble vite réglée en apparence, il ne sera pas si simple aux policiers de déterminer qui, de la dizaine d’habitants de la pension, est Mr Smith. Nombreuses sont les allées et venues, nombreuses sont les fouilles, les recherches, mais rien de bien probant ne tombe au final !
Les personnages sont tous aussi différents les uns que les autres ; pourtant, les arrestations se multiplient. Notamment en raison d’une information donnée par un indic envoyé sur le terrain, mais pourtant vite démasqué par le meurtrier ; en effet, l’indic comptera parmi les victimes de Mr Smith, s’ajoutant à son étonnant palmarès : sept victimes en deux mois et demi !
Au fil des différents interrogatoires et arrestations, la police marche vraisemblablement sur des œufs.
 

Ecrit dans un style classique et facile d’accès, l’auteur met entre les mains du lecteur toutes les cartes et tous les indices possibles pour que celui-ci retrouve la piste et l’identité du meurtrier. Steeman va même jusqu’à s’adresser directement au lecteur, avant de lui servir la vérité dans un dénouement des plus surprenants.


 L'Analphabête - Ruth RENDELL

Eunice Parchman tua la famille Coverdale parce qu'elle ne savait ni lire ni écrire...
C'est dans ces termes que commence cette histoire des plus troublantes. En effet, si l'intrigue sort de l'ordinaire, c'est bien parce que dès la première ligne, on en connaît le meurtrier. Et toute la finesse de l'écriture et du style réside ici ; malgré cette mise à nue d'emblée de l'identité du meurtrier, Ruth Rendell nous raconte comment, pas à pas, la famille Coverdale a scellé son destin face à une gouvernante rustique dotée de lourds instincts primaires.

Bien qu'écrit dans un style léger et spontané, l'angoisse se voir naître petit à petit, progressivement et très lentement avant de faire partie intégrante de l'histoire et surtout de son dénouement. Ainsi très vite, le lecteur comprend malgré lui que le sort des Coverdale est sans appel, et se résigne à admettre la triste réalité qu'est la folie d'Eunice Parchman, mais également la malchance de cette riche et harmonieuse famille.
La légèreté et la simplicité des mots permettent ainsi à l'auteur de dédramatiser tous faits relatés ; ainsi en va-t-il lorsqu'il est question de pensées malveillantes ou de meurtre, racontés avec un détachement tel que le lecteur ressent cela comme naturel.

Si ce roman est un thriller, il est aussi une brillante analyse du creusement de plus en plus prononcé du fossé entre les différentes classes sociales. Non seulement, il met l'accent sur la difficile communication entre ces différentes classes, mais également leur intolérance les unes à l'égard des autres.

D'autre part, ce livre dénonce un handicap majeur à l'heure actuelle, et rarement abordé ; celui de l'illétrisme. En effet, qui aujourd'hui peut évoluer dans notre société sans savoir lire, écrire, compter ? 
Et surtout, pourquoi est-ce une honte de le révéler ? C'est ce que tente de faire comprendre Melinda à Eunice, certainement la plus tolérante de la famille Coverdale, face à une gouvernante couverte de honte, qui plus est, humiliée.

Concernant le déroulement de l'intrigue, elle commence d'une manière on ne peut plus banale.
La famille Coverdale s'avère être une famille recomposée, saine, heureuse, aisée financièrement, et dont la maîtresse de maison cherche activement une gouvernante. Excédée par les jeunes filles au pair incompétentes qui se succèdent, elle a besoin de quelqu'un d'entièrement disponible, qu'elle logerait ainsi sous son toit.
Après plusieurs essais, elle trouve son bonheur en la personne d'Eunice Parchman. Celle-ci abat de nombreuses tâches, sans rechigner ni poser de questions, en somme l'idéal que recherchait Jacqueline. Très peu loquace, taciturne, ni expressive ni émotive, elle revêt un tempérament secret et mystérieux. Rustre, son vocabulaire est restreint, parfois maladroit.

Néanmoins, si Eunice semble être une gouvernante modèle, une perle aux yeux de Jacqueline, elle a parfois des réflexes inexpliqués ; en effet, pas question pour elle de ranger la bibliothèque ou de classer des dossiers. Souvent mal à l'aise pour répondre au téléphone, elle connaît de véritables états de panique lorsque Jacqueline lui laisse un mot avec des indications dessus. Mais ça bien sûr, ses patrons l'ignorent... et elle n'a nullement l'intention de leur expliquer son malaise.

Si Eunice Parchman est une personne lourde et maladroite, elle est également un personnage au passé chargé.
Evidemment son plus lourd secret ; elle est analphabête.
Mais son "casier" ne s'arrête pas là : Eunice a également menti à ses patrons pour se faire intégrer. En effet, elle a indiqué de fausses compétences, mentionné
 de faux emplois et pour couronner le tout, indiqué un faux numéro au cas où ses employeurs tenteraient de vérifier la véracité de ces informations.

Car si Eunice Parchman n'a pas eu accès à l'érudition, c'était bien parce qu'elle n'en a jamais eu l'opportunité. D'une famille pauvre, elle s'est occupée pendant de nombreuses années de son père malade, l'obligeant ainsi à démarrer très tôt des petits boulots usants et mal payés, la forçant à tirer un trait sur d'éventuelles études qu'elle n'avait sans doute jamais imaginées. Malgré son illétrisme, Eunice a su développer une ruse et un sens pratique hors du commun qui lui ont permis sa vie durant de masquer cette tare aux yeux des autres.
Le schisme se crée lorsqu'elle débarque au domicile des Coverdale, creuset de la famille unie où règnent l'amour, la paix, la tendresse, l'argent et surtout... la Culture !
Bien que ses nouveaux patrons soient accueillants et chaleureux, Eunice instaure d'emblée une distance entre eux, rejetant leur gentillesse et leurs attentions.

En soi, cette situation ne permet pas de comprendre comment Eunice Parchman a pu en venir à tuer la famille Coverdale. Rien pour l'instant ne peut expliquer un tel comportement.
En fait, le destin de ces employeurs va s'orienter vers une fin tragique lorsque Eunice, se rendant au village, fait la connaissance de la postière, Joan Smith, une véritable illuminée. Excentrique, hystérique, fanatique même, elle est à l'origine de nombreuses rumeurs qui courent sur certains habitants, et a le facheux défaut d'être sans limites.
Par ailleurs, Joan Smith a la particularité de provenir du même milieu social, dégradé et miséreux que celui d'Eunice.
Et puis, autre élément marquant qui enfonce un peu plus le clou, Joan Smith déteste la famille Coverdale. Elle les espionne même en ouvrant leur courrier, ce que le fils ne supporte plus !

Evidemment les deux femmes se lient d'amitié. Leur relation présente aussi un intérêt tant pour l'une que pour l'autre. D'un côté, Eunice a besoin de Joan lorsque ses patrons lui laissent des mots ; elle sollicite ainsi la postière pour que celle-ci décrypte les tâches à effectuer, et notamment les listes de courses. De l'autre, Eunice se révèle une véritable source d'informations aux fins de satisfaire la curiosité de Joan sur les faits et gestes de la famille Coverdale. Ainsi influencée par la redoutable postière, Eunice va se montrer de plus en plus froide avec les Coverdale, allant elle-même jusqu'à les espionner, puis les haïr tout comme Joan Smith.

Les choses se précipitent et prennent alors toute leur tournure fatale lorsque Melinda perce à jour le secret d'Eunice. Celle-ci se sent humiliée et trahie. Elle tente de se dépétrer comme elle peut, et va jusqu'à faire du chantage à Melinda qui, pas du tout impressionnée, en fait part à son père. Celui-ci, ne tolérant pas du chantage sous son toit, encore moins à l'égard de sa propre fille, renvoie immédiatement la gouvernante. Eunice serait ainsi partie sans broncher si son patron n'avait point ajouté une petite réflexion piquante sur la situation de sa bonne. Celle-ci, qui haïssait déjà ses employeurs du fait de son alliance avec Joan, les exècre au plus haut point, et ne compte d'ailleurs pas en rester là. Et l'alliance entre ces deux femmes machiavéliques aura pour conséquence une addition salée pour la famille Coverdale.

Ce roman a donné lieu à la réalisation d'un film signé Claude Chabrol, avec pour acteurs Virginie Ledoyen, Jean-Pierre Cassel, Sandrine Bonnaire entre autres, et intitulé "La Cérémonie"



La Nostalgie de l'Ange - Alice SEBOLD
 
Susie nous raconte son parcours, celui d’une jeune adolescente de 14 ans qui aurait pu poursuivre une existence normale si elle n’avait pas un jour croisé le chemin d’un tueur en série. C’est en sortant de l’école que son voisin, pervers dans l’âme mais à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, l’attire dans un champ isolé, la viole, puis la tue avant de découper son corps en morceaux.
L’enquête fera chou blanc, les policiers ne mettront jamais la main sur le meurtrier.
 
Si l’intrigue est relativement banale, le point de vue du narrateur est quelque peu original, dans la mesure où c’est Susie elle-même qui, de son Paradis, nous raconte ses journées, et particulièrement celles où elle observe sa famille, et assiste impuissante à la désagrégation de celle-ci.
C’est ainsi qu'elle voit ses parents se séparer, sans pour autant quitter des yeux son meurtrier. Car ce personnage, bien que n’ayant pas retenu l’attention de la police, avait retenu celle du père de la victime, convaincu de sa culpabilité, mais ne pouvant rien mettre en œuvre pour le confondre.
 
Roman assez original dans la mesure où il suggère l’idée d’une vie après la mort. Le titre s’explique assez simplement : un ange regarde, nostalgique et triste, la sphère dans laquelle il vivait, suivant pas à pas, jour après jour les aventures de sa famille qui se désunit peu à peu après son départ.  
 

Toi que J'Aimais Tant - Mary HIGGINS CLARK


Sa sœur a été tuée, et elle a caché pendant des mois qu’elle savait où elle était allée. Cette grande sœur aînée avait un petit ami, que ses parents n’appréciaient pas, mais elle continuait à le voir régulièrement, en cachette cela va sans dire, et dans un endroit secret. Elle avait partagé ce secret avec sa sœur, qui savait où elle était le jour du meurtre. Elle n’avait parlé que trop tard.

On avait retrouvé l’aînée de cette famille assassinée, frappée à la tempe par un objet contondant.
 
Très vite, le criminel avait été intercepté, il s’agissait ni plus ni moins du petit ami, vraisemblablement jaloux que sa copine aille au bal de fin d’année avec un autre que lui. Il n’avait pas hésité à la dépouiller du collier en forme de cœur qu’il lui avait offert peu avant.
 
Les soupçons pesant sur lui furent rapidement étayés par des preuves et indices matériels. Rapidement, le fameux Roy est mis sous les verrous, bien qu’il clame encore et toujours son innocence. Ses parents, de richissimes bourgeois, sentent leur réputation salie par l’image de ce gueux assassin, mais tentent malgré tout de le tirer de là en créant un mouvement de solidarité militant pour l’innocence de leur fils. De nombreuses personnes s’y allieront par la suite.
 
Mais la jeune sœur de la fille assassinée sait, intrinsèquement, qu’aucune erreur judiciaire n’a été commise et que c’est bel et bien Roy qui a tué sa sœur de sang froid. Près de vingt ans plus tard, elle est devenue journaliste et s’apprête à couvrir l’événement qui consiste en la sortie de prison de Roy. Toutefois, elle a également appris qu’il pourrait sortir plus tôt que prévu.
De fait, envers et contre tout, bien que tout le monde semble s’être liguée contre elle pour lui démontrer que le temps avait fait son œuvre, la jeune sœur ne compte pas laisser sortir ce monstre de prison. Active, elle crée un site Internet où elle relate son malheur, elle interroge des témoins et des anciens policiers qui ont travaillé sur l’affaire vingt ans auparavant. L’enquête est longue, semée d’embûches, mais elle parvient à dénicher un indice de taille, qui fera ou non replonger Roy dans les abîmes de l’enfer.
 
Ce n’est qu’une question de temps, Roy sera dehors dans moins de vingt-quatre heures. Qui, dans ce face à face contre la montre, aura le dernier mot ? Lequel des deux sortira vainqueur ?
 
 
Bien menée, l’intrigue n’est toutefois pas des plus intéressantes. Les développements demeurent longs et parfois sans intérêt.

 

Les Visages du Mal - Ruth NEWMAN

Le Boucher de Cambridge : c'est ainsi que les journalistes ont baptisé un tueur d'une sauvagerie peu égalée qui sévit dans un établissement universitaire britannique. Trois meurtres ont été perpétrés sur trois étudiantes, lesquelles appartenaient à un cercle d'amis assez restreint. Trois meurtres atroces. Dans toute sa carrière, il est vrai que le psychiatre Matthew Denison n'ait pas été fréquemment confronté à la mort... mais ces morts-là, violentes, le secouent de part à part. Et à trois reprises son ami policier lui demande d'intervenir afin de cerner la psychologie du meurtrier.

Dans les couloirs d'Ariel College, l'atmosphère est intenable, comme si on pouvait sentir la mort roder. D'ailleurs, plus personne ne circule seul, les cours sont presque déserts, certains étudiants ont quitté le campus bien avant la fin du semestre. Les inscriptions ne se bousculent pas.

Lorsque le troisième corps a été retrouvé, une étudiante était sur les lieux ; elle s'appelle Olivia Coscadden, étudiante sinon brillante, des plus sérieuses et assidues. Choquée, presque muette, en état de catatonie avancée, elle passera plusieurs mois internée avant d'entamer de longues séances chez le psychiatre Matthew Denison, persuadée que la jeune fille connaît le meurtrier.
A lui de rassembler courage et maîtrise de soi pour emmener lentement Olivia vers les abîmes desquels il a tenté de la sortir depuis quelques mois, à ses risques et périls d'ailleurs.

Les Visages du Mal est le premier roman de Ruth NEWMAN, dont on peut dire qu'il s'agit d'un défi relevé avec brio. L'intrigue est très bien ficelée, ponctuée de savants retours en arrière, et jeux de passe-passe afin de mieux perdre le lecteur. Le dernier souffle de cette histoire accablante ne se révèle qu'à la toute fin... ce qui est encore plus croustillant.

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