- Corinne HERRMANN : Un Tueur peut en cacher un autre
- Stéphane BOURGOIN : Le Livre Noir des Serial Killers 
- John MARLOWE : Tueuses en Série
- Alain HAMON : Un Tueur dans l'Ombre
- Steve HODEL : L'Affaire du Dahlia Noir
- Stéphane BOURGOIN : Qui a tué le Dahlia Noir ?

 
Corinne Herrmann - Un tueur peut en cacher un autre
Comment les tueurs en série échappent à la justice ?
 
Avocate pénaliste chez SEBAN ASSOCIES, Corinne Herrmann "traque" les tueurs en série, pour comprendre leurs motivations, leurs mobiles, leurs fantasmes.
Tout est dans le titre ; l'auteur s'intéresse à toutes les failles du système, analyse ses dysfonctionnements et voit quels sont leurs impacts sur des criminels tels que les tueurs en série. Toutes ces failles participent de leur impunité. La quatrième de couverture est explicite : "combien de sérial killers ont pu commettre leurs forfaits, durant des dizaines d'années, en toute impunité" ? Et de citer Francis Heaulme, Michel Fourniret, Emile Louis.

En premier lieu, Herrmann traite du facteur déterminant qu'est la communication (entendre la communication physique), autrement dit le rôle joué par les axes routiers et auto-routiers dans la commission d'infractions, et plus particulièrement les violences faites à autrui. Elle semble être la première à se pencher sur ce phénomène ; commettre un crime puis se retrouver à des centaines kilomètres de là en quelques heures, en se coulant dans le trafic très dense des autoroutes. Qui s'est déjà penché sur le sujet ?
Corinne Herrmann, elle, regarde de plus près ce qui se passe autour de l'autoroute A6 - l'autoroute du soleil cela dit en passant - et relève que plusieurs cadavres de jeunes femmes ont été retrouvés à ses alentours, sans jamais que soit fait de rapprochement entre eux. Ainsi les investigations policières se sont concentrées autour des villes et villages environnants, sans faire de recoupement avec d'éventuels autres cas, sans remarquer que tout près, passent des milliers d'automobilistes chaque jour, certains avec des desseins meurtriers.

En deuxième lieu, l'auteur s'intéresse au rôle joué par l'épouse dans les couples meurtriers, et illustre son propos avec deux exemples qui ont défrayé la chronique et marqué les esprits : Marc Dutroux et Michelle Martin, Michel Fourniret et Monique Olivier. 

Dans l'ombre du tueur, peut aussi se cacher un autre tueur tout aussi dangereux, lequel peut rester méconnu pendant plusieurs années. C'est tout le problème des copycats, sujet qu'elle va longtemps développer, étayer et illustrer.
A chaque fois, ses exemples sont fournis, précis. On devine une documentation abondante, sérieuse, et des heures de travail. En l'espèce, elle aborde Landru, puis Petiot qui s'en est inspiré, lequel inspirera à son tour des années plus tard un certain Emile Louis.

Une fois le tueur repéré puis appréhendé, se pose le problème de sa responsabilité, laquelle est déterminée par des experts jugés compétents, qui sont le plus souvent des psychiatres, des psychologues. On connaît la difficulté qui se pose alors pour ces praticiens, d'établir si oui ou non le sujet était atteint au moment des faits de troubles psychiques ou neuropsychiques ayant aboli ou seulement altéré son discernement (article 122-1 du Code Pénal). Ce n'est pas une tâche aisée, l'expertise suivant un protocole, mais étant subordonnée à ce que le sujet veut bien révéler !
On se rappellera à cet égard l'attitude de sur-simulation qui a été celle de Pierre Bodein, qui pendant plusieurs mois, a trompé des psychiatres, parmi lesquels l'illustre Henri Brunner, qui reconnaîtra avec courage, avoir été dupé par un Pierre Bodein manipulateur et très bon acteur !
En outre, il faut bien reconnaître que le travail d'expertise est des plus complexes ; sinon comment expliquer que sur une même affaire, alors que trois experts sont dépêchés, les trois parviennent à trois résultats différents ? Ceci est mon avis.
Corinne Herrmann elle, sans faire un réquisitoire contre les psychiatres et le corps médical en général, pensent que leur responsabilité est "trop grande" ; ils sont en charge de déterminer la responsabilité du sujet, autrement dit s'il y aura ou non procès. L'intitulé du chapitre 11 est d'ailleurs évocateur : "Avec la bénédiction des psys". On sent une certaine inimitié à leur endroit.

Enfin en dernière partie, place est faite aux médias, au rôle joué par les journalistes dans des affaires criminelles. L'auteur fait un parallèle dès plus intéressants entre la fiction et la réalité, estimant qu'à certains égards, les journalistes diffusent des informations d'une gravité certaine, sans en estimer au préalable les conséquences. C'est la recherche constante du fameux scoop. Pour preuve : la diffusion sur RTL de l'identité de Guy Georges, alors recherché par toutes les polices de France. Une chance que ce matin-là, il n'ait pas écouté la radio ! On comprend aisément la colère des familles des victimes.
Herrmann poursuit en traitant du commerce énorme fait autour du criminel sériel ; ce sont chaque année des centaines de livres qui paraissent - qui vont du polar au témoignage de juristes, aux constatations de médecins etc, des films basés sur des histoires vraies, des séries dont on subit un matraquage permanant.
Ainsi, Francis Heaulme a-t-il pu obtenir des dommages-intérêts pour la parution d'un film traitant de son parcours criminel. Déroutant, non ?! D'autant que dans ces affaires, les victimes sont TOUJOURS laissées pour compte. On passe en boucle sur les chaînes de télévision, l'histoire de leur meurtrier, devenu une star, et on piétine leur image, leur histoire. Ainsi, qui se souvient de Denise Naslund, d'Isabelle Laville, de Joris Viville ? Ces noms vous évoquent peut-être un semblant de souvenir, mais vous vous souviendrez plutôt de Ted Bundy, Michel Fourniret, Francis Heaulme, leur bourreau présumé. 
Ironie du sort : si tous ces ouvrages, fictions, documentaires participent de la formation du public, mais également de ces criminels, alors cet ouvrage aussi...

 

Stéphane Bourgoin : Le Livre Noir des Serial Killers
Dans la tête des tueurs en série

Eléments de biographie : après le meurtre de sa compagne par un serial killer, Stéphane Bourgoin s'est consacré à l'étude des serial killers, devenant ainsi un spécialiste mondial en la matière. 

Dans cet ouvrage, il nous propose de plonger dans les univers de six tueurs en série, américains et allemands. L'auteur n'hésite pas à reprendre les noms dont les journalistes les affublent ; ainsi on commence par Peter Kürten alias le vampire de Düsseldorf. Son évocation donne plus de frissions qu'un simple nom ! 
Ensuite : 
- Albert de Salvo, alias l'étrangleur de Boston. A noter qu'un film existe aussi sur le sujet. 
- Arthur Shawcross, dit le monstre de Rochester.
- Jeffrey Dahmer, alias le cannibale de Milwaukee. 
- Henry Lee Lucas & Ottis Toole, la main de la mort.
- Ed Kemper, l'ogre de Santa Cruz (cf lien vers Daily Motion)

A chaque fois, l'auteur s'y prend de manière différente ; des faits sont présentés, parfois en flashback. Pour Arthur Shawcross, on commence par le moment de son arrestation. Pour Jeffrey Dahmer, on aborde son histoire de la manière suivante : un jeune homme est retrouvé dénudé et à moitié hilare sur la voie publique. Un blondinet d'apparence inoffensive assure aux forces de l'ordre que c'est son partenaire, et qu'ils ont un peu bu tous les deux. Les policiers laissent repartir un tueur en série sans pitié aucune, qui débitait ses victimes à la scie dans son appartement. Le jeune homme qui errait terrorisé dans les rues sera l'une d'entre elles... Pourtant, des voisines avaient de concert affirmé que ce jeune homme hurlait avant qu'elles le trouvent errant sur la voie publique. Mais personne ne les a écouté...
Pour le duo Lucas/Toole, on commence par un dialogue entre les deux meurtriers : il parle de leurs meurtres, respectifs et communs, les méthodes qu'ils employaient - la hâche par exemple - les moyens utilisés pour faire disparaître ces cadavres devenus gênants - le feu. 

Cet ouvrage de 765 pages est une bonne approche mais elle finit par lasser ; autant les premiers tueurs sériels sont bien appréhendés, la biographie est complète, le récit des faits précis, autant lorsqu'on s'approche de la fin, on a l'impression que le travail devient bâclé. Peut-être aurait-il fallu faire deux opus, pour approfondir davantage certains éléments.

Une approche rare en tout cas, et qu'il convient de saluer. 
A ce titre, voici un lien une interview de Stéphane Bourgoin lui-même : www.lemague.net/dyn/spip.php

Un extrait de l'interview d'Ed Kemper : 
www.dailymotion.com/video/x5hf5a_entretien-de-stephane-bourgoin-avec_news
C'est très intéressant ce que dit Ed Kemper, sous couvert bien sûr d'un éventuel désir de manipulation auquel il faut être prudent. Il dit d'une part que ses envies de meurtre sont allées crescendo, non pas cycliques comme il le souligne, mais de manière accélérée ; on appelle ça l'escalade
D'autre part il avoue être sous le choc lors du meurtre de sa première victime, une étudiante (cible préférée d'Edmund Kemper, qui les tuait après les avoir prises en stop). En l'occurrence il dit être "terrorisé, rien n'allait, j'ai tout fait de travers, je me suis comporté comme un idiot". Après avoir tué cette étudiante, il réalise qu'il doit tuer l'autre. Tout ceci tombe comme des évidendes pour Ed Kemper. Le plus intéressant à noter c'est que d'une part le tueur en série ne manifeste aucun regret ; en outre lorsqu'il dit qu'il a tout fait de travers, ce n'est pas en référence à la victime qu'il vient d'abattre, ni à la prochaine qu'il va tuer, il n'a aucun remords vis-à-vis d'elle, les seuls sentiments qu'il éprouve sont à son endroit, à lui

 

John Marlowe - Tueuses en Série
Meurtrières de Sang Froid
 
Quatrième de couverture : ce livre raconte les actes diaboliques ayant été commis par des épouses, des petites amies, des concubines. Il renferme des histoires de tromperie, de trahison et finalement de meurtre. Les victimes de ces femmes sont très souvent des membres de leur famille : des mères, des pères, des soeurs, des frères et dans presque tous les cas, des maris. 

C'est une approche concise, et exacte. Les femmes tuent rarement des inconnus ; ce n'est pas une généralité toutefois. Mais le plus souvent, c'est dans leur entourage que les femmes tueuses trouvent leurs victimes. Leurs enfants sont très exposés : c'est ainsi que Diane Downs a tiré sur ses trois enfants, et s'est rendue aux urgences en pépiant qu'on leur avait tiré dessus. A noter qu'un est décédé, un autre est handicapé à vie, l'autre enfin a pu témoigner contre sa mère lors d'un procès qui a fasciné l'Amérique toute entière. 

Les femmes tuent le plus souvent pour de l'ARGENT. Autant le mobile d'ordre sexuel est quasi omniprésent chez les hommes, autant il est relégué à un plan très secondaire chez les femmes. Cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas des tueuses perverses ; j'en veux pour preuve un tandem d'infirmières diaboliques qui raccourcissaient significativement la vie de leurs patients, pour leur bon plaisir ! 

Si les femmes ont par le passé, eu recours davantage que les hommes à des "armes douces", à savoir le poison, il n'en est plus rien aujourd'hui. Marie Hilley a successivement empoisonné son mari, sa mère et sa belle-mère, et très certainement sa fille, et a toujours nié alors que des preuves accablantes la désignaient comme coupable. De même pendant près de 30 ans, Nancy Nannie Doss a tué silencieusement ses maris, des enfants de son entourage etc. Qui se serait méfié de cette grand-mère si tranquille, qui pourrait être la vôtre ?
Désormais les femmes font resurgir cette part aggressive qui se trouve en elle ; le poison a été remplacé par des armes à feu, des couteaux... 
Tracy Andrews a ainsi tué son petit ami de 30 coups de couteau, en pleine rue après une dispute en voiture. 

Ce qui choque dans les meurtres commis par des femmes, c'est la place culturelle et morale qu'occupe la femme au sein de la société, de la famille. En effet elle est porteuse de vie, c'est elle qui donne naissance à la postérité, qui alimente le cycle de la vie. Elle semble naturellement maternante, protectrice. 
On a du mal à imaginer une femme qui tue : une femme donne naturellement la vie, on peine à l'imaginer en train de la reprendre, à qui que ce soit. Les femmes ont, dans l'inconscient populaire, une auréole d'innocence au dessus de leurs têtes. Elles sont rarement suspectées, alors que dans le même cas, avec les mêmes crimes et les mêmes débuts de présomptions, un homme le serait immédiat. C'est ainsi Dorothea Puente a échappé pendant des années à la police, autorisée à quitter sa maison - et à disparaître par la même occasion - alors que des dizaines de cadavres étaient enterrés par son fait, dans son jardin. 
Ainsi des femmes meurtrières n'auraient jamais échappé aux soupçons des forces de l'ordre si elles avaient été des hommes ; c'est pourquoi leur impunité s'étale sur plusieurs années, quand ce n'est pas des décennies. C'est toute la problématique des veuves noires (Nancy Doss entre autres) ; avant que l'administration ne se rende compte que deux, trois puis quatre et cinq maris de Unetelle sont tous décédés, pas forcément dans des circonstances troublantes, mais simplement tous décédés, il s'en passe du temps... et d'autres victimes ont le temps de trépasser. C'est également ce qui s'est passé pour Kathleen Folbigg, qui a tué ses quatre enfants, et dont la mort est passée à chaque fois pour une MSN (mort subite du nourrisson). Sauf que la dernière fois... le médecin légiste a eu des doutes et a ordonné une enquête. Mais voilà... il a fallu que quatre petits bébés innocents y passent ! 

AILEEN WUORNOS 
Sa mère l'a eu alors qu'elle était âgée de 15 ans. Aileen ne connaîtra jamais son père, diagnostiqué comme schizophrène paranoïaque, après qu'il ait violé une fillette de 7 ans. Il se pendra dans sa cellule en 1969, alors que Aileen n'a que treize ans.
Elevée par ses grands-parents qu'elle pense être ses parents, elle admettra que ceux-ci les battait, elle et son frère aîné. 
C'est une relation incestueuse qui s'installe entre le frère et la soeur, alors qu'elle est âgée de 10 ans. Elle se tournera ensuite vers d'autres garçons, se prostituant pour gagner de l'argent alors qu'elle est à peine adolescente. Enceinte à 14 ans, elle donna naissance à un bébé qui fut de suite placé. Elle ne retourna jamais plus chez ses grands-parents, chez qui elle n'était plus la bienvenue, se tournant alors définitivement vers la prostitution.
Elle fut arrêtée plusieurs fois pour des délits mineurs, épousa même un vieil homme riche, avec qui elle aurait pu se défaire de son passé douloureux. Alcoolique, elle ne parvint pas à se défaire de ses vieux démons, et son vieux mari demanda le divorce après qu'elle l'ait eu frappé avec sa canne. 
De retour à la prostitution, elle attenta à son propre corps en se tirant une balle dans l'estomac. Aucun suivi psychologique ne fut décidé. Tentative de suicide masquée ? Appel au secours ? Pas de précision. 
Après d'autres arrestations et deux ans passés en prison, Aileen tua sa première victime, un homme qui l'avait payé pour avoir des relations sexuelles. Après ce meurtre, elle recouvrit le corps de la victime avec un morceau de moquette, comme pour annuler l'acte qu'elle venait de commettre. Comme pour affirmer qu'il n'existait pas, pas plus que la victime, abattue de plusieurs coups de revolver. 
D'autres hommes furent ainsi tués par Aileen Wuornos. 
La vie de Aileen Wuornos a fait l'objet d'un film, avec Christina Ricci. 

Ce qui me dérange dans cet ouvrage, c'est son titre : hormis l'exemple ci-dessus et quelques autres, ce livre ne retrace pas uniquement des histoires de tueuses en série. Pour la plupart, elles n'ont fait qu'une victime - une victime de trop évidemment, mais pas deux (pas assez pour avoir le qualificatif de serial killer). 
Autre point : le nombre trop élevé d'affaires qui sont abordées dans ce livre. Au point que pour certaines d'entre elles, il ne s'agit que d'un bref rappel des faits, sans plus de précision, et qui ne tient que sur deux pages ! 

 

Alain HAMON - Un Tueur dans l'Ombre
L'affaire Marcel Barbeault

C'est une des grandes enquêtes criminelles de ce vingtième siècle en France. Elle commence par une série meurtrière de trois victimes, lors de l'année 1969 à Nogent-sur-Oise, petite commune tranquille enserrée par des voix ferrées. C'est d'abord Françoise Lecron qui est victime d'une agression manquée, mais qui rapportera avoir distinctement entendu plusieurs balles lui siffler à côté des oreilles ! Femme d'un éminent directeur de l'usine ô combien importante de Saint-Gobain, c'est dans cette direction que les enquêteurs vont d'abord se tourner.
Puis c'est au tour de Thérèse Adam d'être blessée mortellement. Au préalable, cette victime s'était rendue au commissariat, avançant qu'elle serait la prochaine victime du mystérieux tireur à la 22 long rifle ! Personne ne l'a cru évidemment. Pourtant il faut bien admettre qu'elle avait raison !

Ca devient progressivement la psychose à Nogent-sur-Oise, les gens n'osant plus sortir, les femmes surtout. Dès que le crépuscule approche, l'ombre du tueur menace la ville entière à tel point que le commerce en patît sévèrement ; les commerçants n'ont plus aucun client à partir de 17h, il ne fait plus bon acheter dans le coin et même, plusieurs habitants vendent leur bien pour s'en aller du département ! Sinistre ! 

Pendant trois ans, la ville connaîtra un nouveau souffle, un retour à la normale. Les gens avaient presque oublié la terreur de 1969, jusqu'en 1972 où de nouveaux meurtres similaires sont commis. Les journaux titrent le retour du tueur de l'ombre, dénommé ainsi puisqu'il ne sévit qu'au crépuscule voire à l'aube. 

L'auteur dépeint l'histoire sous deux angles différents, et successivement ; d'abord c'est le récit criminel du point de vue des victimes. Sans faire de la victimologie, Alain HAMON qui est journaliste du reste, parle des habitudes, modes de vie des victimes, jusqu'au jour fatidique où elle rencontre leur bourreau.
Il repart ensuite au début de l'enquête, vue cette fois du côté des enquêteurs, des moyens déployés par les forces publiques, les déclarations des personnalités telles que le maire, les ministres en place à l'époque, dont Jacques Chirac. 
Ce faisant, cette technique est un peu redondante, mais on comprend que mêler les deux approches dans la même chronologie pourrait être lourd, encore que. Et même là, on s'emmêle parfois dans les références chronologiques, les noms etc. Au final le journaliste traite de l'arrestation du suspect, des charges qui s'accumulent contre ce Marcel Barbeault, qu'ils ont appréhendé alors qu'il revenait de son travail, des paquets cadeaux à la main pour ses enfants ! 
Tout cela sans oublier le rôle éminemment important dans cette affaire de l'inspecteur Neveu, et de sa génialissime déduction à propos du cimetière et du meurtre des amoureux de Laigneville.

Marcel Barbeault a écopé de la prison à perpétuité, incompressible, de sorte qu'il est aujourd'hui l'un des plus vieux, sinon le plus vieux pensionnaire pénitentiaire du pays.
A noter que cette affaire est aussi racontée par Christophe Hondelatte dans le cadre de l'émission Faîtes Entrer l'Accusé.
Peu de temps après, c'est un autre tueur de l'Oise qui allait sévir ; le gendarme Alain Lamare. 
 

Steve HODEL - L'Affaire du Dahlia Noir

C'est éminement une des plus grandes affaires non résolues du XX° siècle, qui secoua la Cité des Anges des années 40 : le meurtre d'Elizabeth Ann Short, cette jeune femme de 22 ans, dont le corps a été retrouvé en deux morceaux aux abords d'un terrain vague, demeure aujourd'hui un crime officiellement non résolu. Officiellement...
Car voilà une dizaine d'années que l'on semble savoir qui est l'auteur de ce crime sans nom.

Fin du XX° siècle, l'ex flic Steve HODEL découvre dans la succession paternelle des objets de famille jusque là inconnus dont des clichés relativement anciens, certains le concernant, d'autres représentant sa mère. Parmi eux, une jeune femme que Steve ne connaît pas, mais que pourtant il semble avoir déjà vu... La révélation ne vient que plus tard ; il s'agit d'Elizabeth Short, alias le Dahlia Noir.

Avant de s'emballer, vérifier ses doutes...  ce que ne manque pas de faire Steve HODEL en demandant l'accès au dossier de l'affaire qui date de 1947 ! L'affaire officiellement ouverte passe de mains en mains à chaque nouvelle affectation dans le service des homicides du LAPD et ce, depuis 1950 sans grand espoir qu'elle soit un jour résolue, mais pour garantir l'effet "enquête en cours".
Ce que HODEL cherche dans le dossier d'enquête, il le trouve ; ce sont des photos, qui lui permettent une comparaison avec celles retrouvées dans l'album photo de son père. Il n'a aucun doute, c'est bien elle.

Mais alors... une question s'ouvre immédiatement ; que fait une photo d'Elizabeth Short dans les effets personnels, auxquels il tenait beaucoup apparemment, du Docteur Georges HODEL ? Comment la connaissait-il et pourquoi ? Pourquoi n'en avoir jamais parlé ?
Son épouse d'alors, June, semble tout ignorer de ce moment de sa vie. Et Steve HODEL de se remémorer les moments de sa vie déroulés dans sa prestigieuse villa, la Franklin House, qui se pourrait bien être le théâtre des horreurs...


Sans en dévoiler davantage, on saluera ici la ténacité de Steve HODEL dans une enquête officieuse qui ne fut pas sans heurt, tant du point de vue des autorités - HODEL étant déjà retraité au moment de ses investigations clandestines - que du point de vue personnel ; c'est déjà peu évident d'écrire un ouvrage avec tout ce que ça comporte de jugement, mais alors lorsqu'on dissèque sa propre vie, celle de ses frères et soeurs, son passé, les agissements de ses parents (et quels agissements !). Je félicite l'auteur pour ce travail d'une qualité époustouflante, bien mené, une enquête précise qu'on ne peut certes pas vérifier en tant que lecteur lambda. Effectivement, la version officielle du LAPD maintient comme toujours irrésolu le meurtre d'Elizabeth Short et à la lumière de cet ouvrage, on comprend pourquoi !

Note : le placement de cette oeuvre dans la rubrique "Criminologie" s'explique par le fait qu'il s'agit d'une affaire réelle, et non d'une fiction - le meurtre du Dahlia Noir ayant largement donné matière à imagination tant dans le cinéma que dans la littérature - et le choix de la rubrique "Tueurs en série" s'explique aussi à l'aune du contenu même du livre.
 
Qui a tué le Dahlia Noir ? - Stéphane BOURGOIN

Los Angeles, 1947.
Une jeune fille, dont le rêve était de devenir actrice, est retrouvée morte, mutilée, son corps laissé à l'abandon en deux morceaux sur un terrain vague. Si elle était inconnue de son vivant, en revanche elle trouvera dans la mort un succès certain... sinistre ! Et pour cause ; son surnom le "Dahlia noir" marquera le revers sombre du rêve américain, celui d'actes criminels insoupçonnés et pourtant bien réels, aussi terrifiants qu'incompréhensibles.
A l'instar des crimes de Jack l'Eventreur, le meurtre du Dahlia Noir restera une affaire non résolue, dont l'impact sur les politiques locales de l'époque a été immense - on reprochera son inefficacité à la police, son enquête bâclée, une insécurité grandissante... Beaucoup y sont allés de leur théorie, d'aucuns dénonçant leurs voisins, d'autres leurs médecins, d'autres encores leur parent...
Stéphane Bourgoin s'est intéressé à cette histoire, depuis son point de départ, à savoir le corps. Pour mener à bien son enquête, il postule qu'un tel degré de maîtrise implique de la part de son auteur une expérience passée relativement importante. Donc des précédents. Autrement dit, d'autres meurtres. Stéphane Bourgoin recherche donc un tueur en série. Il écume les hypothèses, échafaude des théories qu'il démonte point par point, avant d'énoncer l'évidence ; l'identité du coupable.

Une enquête palpitante, dont on peut parfois se demander comment elle a pu être menée autant de temps après. Mais intéressante, dans cet univers devenu fantasmagorique qu'est le meurtre d'Elizabeth Short.

Voici un lien vers un article du Parisien, en date du 27.10.2014 : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/je-sais-qui-a-tue-le-dahlia-noir-27-10-2014-4243557.php 
 



 
 
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