Né le 2 avril 1840 à Paris, Emile Zola est le fils d’un ingénieur italien qui mourra d’ailleurs sept ans plus tard. De 1852 à 1857, Emile Zola fait des études secondaires et se lie d’amitié avec Paul Cézanne. Après un échec cuisant au baccalauréat, il devient chroniqueur dans un journal, et publie rapidement (1864) un recueil de nouvelles intitulé Les Contes à Ninon. En 1867, la publication de son deuxième roman rencontre un succès flagrant ; il s’agit de Thérèse Raquin.

Dès l’année 1868, il imagine le cycle des Rougon-Macquart, et remet l’idée à son éditeur, Lacroix. Par ailleurs, il écrit dans des journaux d’opposition à l’Empire des articles de plus en plus enflammés. En 1870, alors qu’il épouse Alexandrine Méley, il publie le premier volet de cette saga, qu’il nomme alors La Fortune des Rougon. Grâce à la chute de l’Empire, il évite les poursuites judiciaires. La publication des volets suivants se poursuit ; c’est véritablement en 1877 alors que sort L’Assommoir que Zola devient célèbre. Pourtant en 1880 éclate un scandale après la parution de Nana, œuvre qui dépeint la décadence d’une prostituée de luxe. En 1893 paraît le dernier volume du cycle des Rougon, à savoir Le Docteur Pascal.

En 1895 commence l’affaire Dreyfus. Ce sont quelque trois années après que Zola prend ouvertement partie pour le capitaine accusé à tort. Il publie dans L’Aurore du 13 janvier 1898 une lettre au président Félix Faure intitulée J’accuse, et qui rendra d’autant plus célèbre son auteur. Après un procès où Zola s’exile en Angleterre, il rentre en France en 1899 et publie un recueil d’articles en 1901 relatifs à l’affaire Dreyfus.

Il meurt en 1902 des suites d’une asphyxie dans des conditions restées mystérieuses et inexpliquées ; accident, meurtre ?

En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon.

Joubarbe

Les Rougon-Macquart

 

« Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire »

 

A travers ces vingt volumes, Zola conte l’histoire d’une famille d’origine modeste qui rêve de conquérir les hauts rangs. Il s’agit bien sûr de la lignée des Rougon-Macquart, qui aura bien du mal à se faire une place parmi les bourgeois bien nés.

 

 

Volume 1 : La Fortune des Rougon

 

Ce premier volume est essentiellement descriptif. Il met en place la situation, à l’aube du Second Empire, à Plassans, dans une famille de paysans qui tente difficilement d’accéder aux rangs oisifs de la bourgeoisie. Si ce premier roman, écrit dans un style très singulier, relève de ce qu’on peut appeler « la grande littérature », certains passages sont cependant longs et lourds tant ils sont descriptifs et abondants de détails.

 

Comme nous l’avons précédemment évoqué, ce premier volet a pour but de présenter tous les personnages que l’on rencontrera ultérieurement, et de les situer les uns par rapport aux autres. Au départ, la lignée des Rougon-Macquart débute avec une certaine Adélaïde, membre de la famille des Fouque, lignée qui s’éteindra bien vite par l’action des descendants de ladite femme. Mariée à un certain Rougon, il naîtra de cette union Pierre Rougon, enfant légitime, et plus tard paysan et marchand d’huile. Après la mort de Rougon père, Adélaïde se prend d’une passion pour un certain Macquart, braconnier aviné et de mauvaise réputation. Ils donneront naissance à deux enfants naturels, réputés de bâtards par l’opinion publique ainsi que par leur frère de sang : il s’agit d’Antoine et Ursule.

 

Très jeune, Pierre Rougon imagine une stratégie pour déshériter son frère et sa sœur, ainsi que pour obtenir la maigre richesse de sa mère, devenue folle. Le stratagème ayant réussi, c’est lui qui désormais tire les ficelles de la bourse. Marié à Félicité, il aura deux filles dont Marthe, et trois fils, éléments centraux de l’intrigue : Eugène, Aristide et Pascal.

Très vite considérés comme des bouches supplémentaires à nourrir, les parents mettent tous leurs espoirs en leurs enfants, et attendent le retour de l’argent investi pour leur instruction. Ce retour semble néanmoins tardif : c’est ainsi qu’Aristide va s’écarter progressivement de la famille, affichant des opinions politiques contraires à celles de ses parents. Pascal, lui, devient médecin et, en dehors de toute considération politique, prend un certain plaisir à étudier des cadavres, à réaliser des études… Il sera d’ailleurs un peu mis à l’écart, d’autant qu’il participe à la progression de la bande insurrectionnelle républicaine, en temps que médecin. Quant à Eugène, il quitte Plassans pour Paris, ville dans laquelle il va tisser des liens, tenir son père au courant de la situation politique, notamment de l’évolution du prince Bonaparte, futur Napoléon III.

 

Antoine Macquart, le frère de sang de Pierre Rougon, déshérité par ce dernier, se marie à Fine. Tous deux ont trois enfants : Lisa, Gervaise et Jean. La première quitte le domicile très rapidement, les deux autres sont envoyés au travail, mais continuellement dépouillés par leur père, avide de boisson et qui rêve d’avoir le monde à porter de main, de vivre dans une perpétuelle richesse sans avoir à bouger le petit doigt !

Mais, si cette situation semble particulièrement plaire à Antoine Macquart, qui vit au crochet de sa puissante femme et de ses enfants, elle ne sera pas éternelle. En effet, Fine décède, et la famille se désagrège ensuite bien vite, voyant les deux derniers enfants quitter le domicile familial.

 

Ursule Macquart elle, s’en va très tôt de la demeure des Fouque dans l’impasse Saint-Mittre, pour se marier à l’abbé Mouret, ce dernier refusant toute dot de sa belle-famille, faisant ainsi la plus grande joie de Pierre Rougon, non enclin à verser le moindre centime pour sa bâtarde de sœur. Ursule décède en 1839. S’en suit un grand désespoir de son mari, que l’on retrouvera d’ailleurs pendu peu de temps après. Leur union laissera trois enfants : Hélène, mariée à un employé ; François qui sera recueilli par Pierre Rougon et qu’il mariera à une de ses filles, Marthe. François et celle-ci auront trois enfants.

Enfin, Ursule et l’abbé eurent un troisième enfant, dénommé Silvère. Après moult péripéties, l’enfant est finalement recueilli par la grand-mère Adélaïde, définitivement folle à lier. Si l’instruction de Silvère intrigue, c’est qu’il se l’est lui-même procurée, montrant très vite un grand attrait pour les idées républicaines. Antoine Macquart, son oncle, avide de vengeance contre les Rougon, conservateurs et ralliés à la cause bonapartiste, tente de le prendre à parti contre les conservateurs précités.

Car, si ce volume est en grande majorité descriptif, il n’est pas sans montrer comment les Rougon tentent d’accéder à la fortune, qui leur joue sans cesse des tours depuis des années. Et c’est à l’aube du coup d’Etat du 2 décembre 1851 que Pierre et Félicité entrevoient un moyen de s’élever dans les rangs. Ainsi très vite, ils se rallient à la cause conservatrice, transformant leur salon en véritable lieu de réunion entre tous les bourgeois « poltrons » de Plassans, devenant ainsi une légende, le fameux « salon jaune », où sont sans cesse brûlées les idées de la république, et où l’éloge du prince empereur n’a aucune limite.

 

Et puis, il y a Miette, Marie de son vrai prénom, fille d’un homme condamné au bagne pour avoir tirer sur un gendarme. Miette est recueillie par une tante, habitante de Plassans, qui vit avec son rustre de mari, Rébufat ainsi que leur fils, Justin. Mais à la mort de la tante, Rébufat exploite la pauvre Miette, incessamment calomniée et épiée par son cousin jaloux qui la tyrannise et la persécute. Si Miette trouve encore la joie de vivre, c’est certainement grâce à son amour pour Silvère qui l’entraîne aux côtés de la cause républicaine.

 




 
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